Des textes d'Evelyne Patricia Lokrou écrits pour des concours 😢

Publié par Evelyne Patricia Lokrou

Bonjour.

Voici des textes écrits pour des concours ( concours de nouvelles, de théâtre, de conte, de poésie (poèmes)....par moi (Evelyne Patricia Lokrou))

* Je suis lauréate du prix de la Nouvelle, 2ème prix étranger pour "  la fête de l'Igname", du concours de nouvelles, organisé par le cercle de poésie au 4 points cardinaux- section Picardie (France) (2007)💚❤✍😂

 

 

P.s: la vie (une vie) est le trésor le plus important! Imaginez si l'on vous vole votre vie, votre existence, ce souffle précieux ! C'est mal, injuste, cruel et inacceptable!

Encore une fois, non à la VIOLENCE faite aux Femmes, aux filles, aux fillettes, aux garçons, aux enfants, aux hommes, aux HOMMES et plus, aux êtres vivants!!!!!😢

@ tous les droits réservés sur les textes. Merci.

Ecrire N°006 avec Evelyne Patricia Lokrou De Scient Beatus (Auteur) ( c'est une interview donnée par moi (Evelyne Patricia Lokrou) au magazine écrire. Merci!💚

                                      Le secret

Par Evelyne Patricia Lokrou


Tu es, tu es l’Éden désiré; le vert recherché de l’après-midi d’été; l’image fictive dans le ciel bleu rêvé. Tu es, tu es un paysage généreux; un soleil radieux; un vent silencieux, dans les arbres aux longs cheveux balancés. Tu es, tu es une sage armure; un simple murmure; un chuchotement à l’oreille. Tu es, tu es le cri inquiétant des écureuils, goélands et corneilles. Tu es, tu es une poisse; une bourde; la bombe responsable des ruptures amoureuses, au hasard, lancée.
Tu es, tu es une perle d’eau; les larmes de la fontaine. Tu t’agites avec fureur; tu hurles ton cri plaintif. Tu es, tu es la vague; tu déferles sur les rochers avec peine; Tu es, tu es l’odeur du chlore; le bonheur des enfants dans les piscines; Tu es, tu es leurs yeux admiratifs; l’or dans leur voix enfantines. Tu es, tu es une bague sur une chaîne et un coucher de soleil sur une île rêvée. 
Tu es, tu es la rencontre de deux cœurs; la magie de l’instant présent; le mystère d’une relation sentimentale. Tu es, tu es la chimie de deux corps; une passion chantée dans un chœur; un présent mental. Tu es, tu es une ode silencieuse; une magie; une femme; une naissance. Tu es, tu es l’enfant dans un ventre de femme; une renaissance. Tu es, tu es l’Amour d’une mère.
Tu es, tu es une histoire triste, jamais contée. Tu es, tu es un récit muet; une peur jamais confiée. Tu es, tu es une erreur dans un moment de la vie; un instant intime. Tu es, tu es une peinture abstraite; une émotion cachée. Tu es, tu es un chemin inconnu; un voyage nullement planifié; une quiétude éphémère.
Tu es, tu es la main de l’artiste; un portrait sur le mur d’un inconnu. Tu es, tu es le sourire derrière des pleurs; un chagrin muet. Tu es, tu es la naissance; la vie; la mort. Tu es, tu es l’inexpliqué; un phénomène rare; une apparition inexpliquée; un objet non identifié; un code; un mot d’ordre; un pacte difficile à rompre. Tu es, tu es un drame et une tragédie; une poésie et un mystère.
Tu es un lien, une chaîne lourde, un fardeau; la fin de la liberté; le doute, l’angoisse, la crainte et l’inquiétude; un leurre légitime. Tu es le secret !      

 Fin.

* Désolée pour la disposition du texte ....(Mise en page)

 

@ tous les droits réservés sur le texte. Merci

 

http://www.bonnesnouvelles.net/bibliothequemichelrimbaud2009resultats.htm  (ce texte, poème " Le secret", dans sa version finale, est un des coups de cœur du jury du concours de poèmes de la bibliothèque Michel Rimbaud pour l'année 2009).

AMNET
Evelyne Patricia LOKROU


C'est étrange ! Pourquoi faut-il être mort pour devenir, aux 
yeux des gens, la personne la plus extraordinaire de la planète 
Terre ? Pourquoi de notre vivant les autres nous traitent-ils 
avec la plus grande des indifférences, s’ils ne sont pas 
méchants ? Et pourquoi dès que l'on est décédé et surtout si 
l'on est le sujet d'un fait divers ou une star décédée, tous se 
souviennent soudainement de votre prénom et parlent de vous
comme si vous étiez des amis ? Est-ce qu’une personne n'a 
de l'intérêt que lorsqu'elle meurt et surtout lorsqu'elle est 
assassinée ? Ma mère me disait souvent : « on ne dit pas du 
mal d'un mort ». Pourquoi ? N'est-ce pas lorsque l'on est vivant 
que les mots nous blessent comme des poignards impossibles 
à ôter ? N'est-ce pas à ce moment-là que les moindres 
blessures deviennent des plaies ouvertes et parfois 
inguérissables ? Est-ce que le fait de mourir nous donne enfin 
le droit à la paix ? Est-ce pour cette raison que l'on dit « repose 
en paix » ? Autrement dit, la vie nous offre le tourment, les 
souffrances intolérables et la mort, l'apaisement tant réclamé 
et tant voulu, est-ce cela ? Comme dit un écrivain célèbre, 
Anna Gavalda, pour ne pas la citer, dans La vie en mieux :
« mais Mathilde...mais c'est magnifique de souffrir quand on 
est en bonne santé. C'est un privilège ! Il n'y a que les morts 
qui ne souffrent plus ! »
Vous vous demandez sans doute pourquoi j'ai ces questions
philosophiques, n’est-ce pas ?

Figurez-vous que je suis morte, il y a une semaine, jour pour 
jour. Pourquoi je parle alors, pensez-vous ? Pourquoi, je vous 
écris ces mots, dites-vous ?
C'est une longue histoire que je me fais le plaisir de vous 
raconter dès maintenant.
Comme vous l'avez constaté, je commence par la fin. C'est 
plus facile lorsque l'on n'est plus du monde des vivants à 
proprement parler. En fait, je suis morte, mais encore vivante. 
Comment cela, me direz-vous ? Patience ! Je vous raconte.
Je me trouve en ce moment, au cimetière. J'observe mon 
propre enterrement, bien couchée sur une pierre tombale. 
Tous ces gens en noir avec cet air recueilli. Cela me semble 
tellement faux, tellement surréaliste, tellement, tellement...
J'étais une femme de quarante ans, célibataire, sans enfants 
(je n'ai jamais trouvé le temps, l'occasion, le compagnon idéal 
pour faire cet enfant tant désiré et tant souhaité).
Je n'étais pas malheureuse, pourtant. J'avais mes livres. Oui, 
j'étais écrivain. Un très bon écrivain. Un de ceux qui vendent 
bien et gagnent bien leur vie (ceux que l'on appelle des 
bestsellers). Mon nom était sur toutes les lèvres. On me voyait 
à la télévision. On m'entendait à la radio. Les gens venaient 
me voir, à mes séances de dédicaces, surtout. Ils m'invitaient 
à des événements spéciaux : à des galas, à des ventes de 
charité, à des banquets...
Cependant, derrière mon dos, ces mêmes gens confiaient que 
je m’habillais mal. Ils disaient que je parlais trop ou pas assez 
(la timidité, vous savez, même pour les écrivains cela existe et 
peut-être plus pour eux). Ils se plaignaient de mes habitudes :
ils me reprochaient de ne pas être fêtarde (je déteste l'alcool, 
le tabac et les fêtes m'ennuient).  En somme, selon eux, je 
n'étais en rien drôle.

Mon seul ami était un peintre gay, bavard, joli garçon et un peu 
fou (il fallait qu'il le soit pour m'aimer autant, au point d'être à 
mes côtés toujours...)
Tout allait bien malgré tout. Jusqu'au jour où mon cher ami me 
proposa d'allier nos deux univers « ses toiles à mes écrits ». 
« Ce sera une BD exceptionnelle », disait-il. J'acceptai pour lui 
faire plaisir plus qu'autre chose. L'histoire était celle d'un vieux 
chat domestique amoureux fou d'une femelle nommée Amnet. 
Ils parcouraient ensemble les rues la nuit. Puis, au petit matin, 
ils rentraient chacun dans leur « maison ».
La bande dessinée reçut un accueil positif. Elle eut un succès 
mondial : les journaux, les chaînes de télévision, les radios et 
tous les médias sociaux en parlèrent avec optimisme et 
enthousiasme. Les critiques étaient excellentes. Les lecteurs 
en redemandaient si bien que l'on envisageait une suite. 
C'était le bonheur. Je planais ; je nageais dans la joie.
Puis un soir, en rentrant chez moi, je fus enlevée par deux 
hommes dans un camion, un camion de livraison, me semble-
t-il. Je me retrouvai très vite dans un entrepôt délabré. Je ne 
sais où. Je n'étais pas seule, il y avait d'autres personnes avec 
moi : des femmes, des hommes, des vieillards et même des 
enfants.
Nous attendions quoi là ? Impossible de le savoir. Il faisait 
noir ; il faisait froid. C'était évidemment insécurisant. L'odeur 
nauséabonde de la peur régnait en maître incontesté.
Nous cherchions à nous rapprocher les uns des autres, c'est 
alors que des hommes armés jusqu'aux dents (je ne connais 
rien aux armes à feu aussi je ne saurais vous dire de quelles 
armes, il s'agissait. Néanmoins, je peux vous confirmer qu'il y 
en avait assez pour préparer une guerre). À la tête de ces 
hommes, il y avait un chauve et près de lui, à ses côtés, une 
femme qui semblait absente (elle était présente de corps, mais son esprit semblait être ailleurs. Qu'est-ce qu'on lui avait donné, qu'est-ce qu'on lui avait fait ?)

On aurait dit un zombie. Je compris très vite qu'elle était leur 
nettoyeur (un aspirateur humain géant- j'exagère à peine). Une 
machine à qui l'on prive le droit d'aimer, de faire l'amour, de 
procréer, de donner la vie (le bien le plus précieux pour une 
femme), de vivre une vie normale. C’était une machine à tuer,
contre son gré. Une esclave, une abomination, une chose 
impensable dans ce monde où l'on parle d'égalité de droits, de 
droits, d’Amour, de Liberté, de Vie, pour tous...
Les évènements se passèrent très rapidement. La seule 
certitude que j'ai, c'est qu'ils voulaient notre argent et qu'ils ne 
supportaient pas les personnes différentes, avouèrent-ils dans 
un rire à faire glacer le sang.
La seule chose dont je me souvienne ce sont les cris de 
chacune des personnes présentent (enfin celles qui furent 
tuées avant moi) et le bruit de cette machine humaine qui 
nettoyait...
Aussi, suis-je étonnée de me retrouver là, à mes obsèques. 
D'après ce que j'ai entendu, avant la cérémonie, c'est que l'on 
a retrouvé mes affaires (mon sac et mon portefeuille) mais pas 
mon corps.
« Normal, me dis-je, puisque j'ai été effacée de la carte monde 
comme un simple déchet. Mon corps doit être encore dans ce 
grand sac, qui disparaissait dans le « ventre » de cette femme
(à l’intérieur de cette machine humaine), à se faire broyer, 
digérer et évacuer dans les toilettes comme un vulgaire « tas 
de merde. »
— J'ai envie de hurler : « je suis là ».
Détrompez-vous, je ne suis pas un fantôme, pas un revenant. 
Je suis peut-être une réincarnation, car je suis AMNET.

AMNET, oui AMNET, le chat. Oui, la femelle de ce vieux chat, 
dans cette fichue BD. Je me plais à dire en riant intérieurement 
que je suis « une âme nette ». Va savoir ce que cela signifie.
— Ça alors, c'est mon très cher ami, Ralph. Mon Dieu ! Il est 
tellement effondré et inconsolable. Je vais m'approcher, et 
monter dans sa voiture (moi, je ne savais pas conduire : je n'ai 
jamais eu le temps. « Le temps, il faut le prendre », je le sais. 
Cependant, je n'ai pas eu la chance ni le désir vif d'apprendre 
et donc pas la possibilité de passer le permis). « Nulle ! ». 
Peut-être.
Est-ce que vous ne croyez pas qu’il y avait d'autres choses 
bien plus importantes ? Bon, je ne vous interroge que pour 
faire la causette.
J'ai réussi à me faufiler dans la voiture noire, la couleur 
préférée de Ralph. À une époque où tous ces gens préfèrent 
le blanc, lui a opté pour le noir. Quel sacré type ! Je sais qu'il 
n'ira pas à la réunion après le cimetière. Il rentrera chez lui 
directement. Je me ferai discrète. Je le suivrai dans cet 
appartement - que je connais mieux que le mien, pour y avoir 
passé des heures et des heures, seule ou en sa compagnie-, 
sans faire le moindre bruit. Je me manifesterai par un 
miaulement dès qu'il sera bien installé, confortablement je 
veux-dire, s'il ne pleure pas comme une madeleine.
Mais, Dieu, que c'est bon de le voir !
— Mon Dieu, je n'arrive pas à croire que tu sois morte ! Dieu, 
dites-moi que je rêve !
— Miaou ! Est-ce que tu crois en Dieu, maintenant ?
— Quoi ?
— Est-ce que tu peux m'entendre ?
— Qui est-ce ?
— C'est moi, petit Ralph !
— Qui ça, vous ? Et, comment connaissez-vous ce surnom ?

— C'est moi, Marisa !

— Qui ?
— Marisa, tu te souviens? Ton amie précieuse. Ta 
« Précieuse ».
— Montrez-vous !
— Je suis là !
— Si c'est une plaisanterie, elle n'est pas drôle.
— Non, Ralph ! Je ne sais pas comment c'est possible, mais 
tu peux m'entendre. Je suppose que tu peux me voir aussi.
— ...
— Coucou ! C'est moi. Par ici. Devant toi. En face de toi. 
C'est le chat ! Est-ce que tu le vois ? Est-ce que tu me vois ?
— A.M.N.E.T...dit-il, avant de s'évanouir.
Il a toujours été sensible et impressionnable, le petit Ralph. 
C'est quand même un géant. Il fait tout de même 1,82 mètre. Il 
est mince, élégant ; on croirait être en présence d'un 
mannequin, presque parfait. Un « Kane » vivant.
— Ah, enfin !
— A.M.N.E.T...
— Oui. Je préfère que tu continues à m'appeler Marisa.
— Ce n'est pas possible ! Je rêve. C'est un songe éveillé !
Dis-moi, tu es bien réelle? Est-ce bien réel, tout ça ?
— Tu peux me pincer, si tu veux, mais attention pas trop fort 
sinon je griffe, Lol.
— ...
— Ferme la bouche. On dirait un imbécile !
— Raconte ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-il arrivé à 
Marisa ?
— Je suis morte.
— Ça je m'en doute un peu...
Je lui racontai l'histoire sans omettre un détail. (Du moins, je fis 
le récit de ce dont je me souvenais).
— Ce n'est pas croyable !
— Tu te répètes !
— Oui, je radote, mais tout de même. C'est...

— Dément ?
— ...
— Je me suis dit la même chose.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
— Je ne sais pas. Que veux-tu faire ?
— Prévenir les autorités, la police, les gens susceptibles de 
nous aider... Je ne sais pas.
— Je suis ton amie. Est-ce que tu crois sincèrement ce que 
je te dis ? Est-ce que tu crois cette histoire impensable ?
— Heu...
— Est-ce que tu vois ? C'est incroyable, tu l'as dit et 
pourtant !
— Comment convaincre les autres ?
— Imagine si la police et les autorités, dont tu parles avec 
tant de respect et de confiance, travaillaient pour eux ou avec 
eux. Est-ce que tu y as pensé ?
— ...
— Je te parle.
— Je suis désolé. Je réfléchissais.
— Il n’y a pas trente mille solutions...
— Nous devons mener notre enquête nous-mêmes.
— Est-ce que tu rigoles ?
— ...
— Est-ce que tu veux rire ?
— ...
— Un chat et, un frêle et délicat jeune homme de trente ans ?
— Je ne suis pas si fragile. Je suis grand et fort 
physiquement.
— Bon, bon... La nuit porte conseil. Nous commencerons nos 
recherches demain. Nous parlerons de notre stratégie.
— Bonne nuit.
— Bonne nuit Ralph.

Dans la nuit, des individus, probablement les mêmes qui ont 
ôté la vie à Marisa, ont assassiné Ralph, pendant qu'il dormait. 
Malgré les griffes, les miaulements, les poils retroussés (en 
position de combat) d’Amnet. Ils devaient les écouter. Depuis 
combien de temps ?
«... il est risqué d'aimer son prochain et d'y croire encore ».
Vous l'avez bien compris. Amnet est mort aussi. Ils l'ont fait 
disparaître dans leur machine à cadavres, cette machine 
humaine à tuer et nettoyer les lieux.
Deux heures viennent de passer. Amnet est assise dans cet 
appartement NET, comme s'ils l'avaient passé au nettoyant 
tout usage ! Elle regarde le vide tristement. Elle a perdu son 
seul ami, son meilleur ami. Pourtant, c'est comme si la vie 
continuait. Elle est assise avec sa peine et sa solitude !
Soudain, l'espoir renaît !
— Je suis en vie ! Et, on dit que « les chats ont 9 (neuf) 
vies ». Et, qui sait, j'en ai peut-être plus ? Ralph, je mènerai 
cette enquête et j'arrêterai ces tueries. AMNET ne renoncera pas !

* désolée pour la disposition ( mise en page)

 

@ tous les droits réservés sur le texte. Merci.

 

 

* (Ce texte figure dans un livre " le livre qui voulait une maison", un collectif pour les nouvelles  lauréates et les textes retenues pour ce magnifique livre. ) Concours de nouvelles Fondcombe  2015.

Sophie ou mes trois raisons d'espérer

 

Une journée incroyable

Par Evelyne Patricia Lokrou

Comme chaque matin, lorsqu’il allait travailler, il enfila son manteau, sortit en laissant claquer la porte cochère puis se dirigea vers l’arrêt de bus le plus proche. Mais ce jour-là, rien ne paraissait se dérouler comme d'ordinaire. En effet, les choses étaient différentes parce que son réveil était en panne et que lui l'ignorait. Il s'était donc levé du lit trop tard, croyant qu'il avait du temps. Il avait pris un petit déjeuner copieux: des œufs broyés, du jus d'orange, une tranche de pain toasté,  beurré et du brie; un petit café au lait, sucré. Il s'était rasé, parfumé et fait beau en sortant de sa douche. Dehors, il chantait gaiement. Le bus 147 devait déjà attendre les passagers, mais étrangement, pas de signe de lui. Par réflexe, plus que par inquiétude, il consulta sa montre: il était en retard de deux heures. Est-ce que le bijou à son poignet droit indiquait l'heure exacte ? Il en doutait. Il interrogea l'un des rares passants, un garçon d'environ dix ans, qui faisait sûrement l'école buissonnière. Celui-ci était formel, il était bien 10 heures. Jean devait prendre le bus de 8 heures. Il se dit, embarrassé, qu'il se ferait renvoyer de son travail, car il y a deux semaines, il était allé en vacances en Floride et il y avait passé trois semaines. Deux de plus que lui avait autorisé sa patronne, - une femme de quarante-cinq ans, divorcée, sans enfant, toujours aussi belle, mais chiante et autoritaire. Elle lui avait lancé à la figure à son retour: « la prochaine fois que vous me faites ce coup, Jean Leconte, je vous fous à la porte sur-le-champ. Vous avez intérêt à être à l'heure, car même une petite minute de retard et vous êtes renvoyé. Est-ce que c'est clair ? ». «Très clair», avait-il murmuré, comme un enfant qui vient de se faire engueuler». Elle ne plaisantait jamais, aussi se dit-il:« je suis au chômage». En temps normal, la situation l'aurait grandement inquiété voire même terrorisé, mais à cet instant précis, il était étrangement calme. Il décida de monter tout de même dans le prochain autobus et de profiter du paysage. Aussitôt assis à l'arrière, sur son banc préféré, il scruta l'horizon en se disant que la vie était tout de même belle. C'est alors qu'un portail s'ouvrit dans les nuages, sous ses yeux ébahis. Il était impressionné par ce spectacle. Il se demandait si d'autres voyaient ce qui se déroulait. Il regarda à gauche, à droite, devant lui. Aussitôt, le bus s'immobilisa brusquement. Jean faillit tomber. Lui, si «parfait» d'ordinaire, voulut lancer un juron, lorsque l'autobus disparut; le chauffeur et les douze «voyageurs» se métamorphosèrent en de magnifiques goélands qui volèrent au-dessus de la tête d'un Jean qui se dit qu'il était en train de perdre la raison. «Cette fois, je deviens fou.». 
Il n'eut pas le temps d'approfondir sa découverte, car il se changea en un oiseau noir. Il vola dans le ciel bleu et blanc et se posa sur la plus haute bâtisse (une église). Le seul goéland jeune se posa à sa droite, tandis que les autres attendaient derrière lui. Jean se demandait quand il redeviendrait Jean, l'homme de quarante ans, et pourquoi il était désormais cet oiseau, chef de ces goélands. (Vous aurez deviné qu'il avait conscience de son nouvel État.) Il commença pourtant à se faire à sa nouvelle apparence. Il observait fièrement les gens lorsqu'il vit une sublime  jeune femme, de vingt-cinq ans, élégante dans sa robe d'été, jaune et vert. Son sac noir et ses chaussures de la même couleur se mariaient à ses cheveux. Jean oublia l'oiseau. Son coup de foudre le poussa à rejoindre la belle Olive. Pourtant, aussitôt près d'elle, il se contenta de se poser sur son épaule. Cela ne sembla pas la gêner. Elle sourit. Ils marchèrent ainsi sous le regard médusé des personnes qu'ils rencontrèrent. C'est alors qu'un homme surgissant de son véhicule noir, montra à la femme effrayée une tête humaine et l'obligea à la prendre dans ses mains. Olive choquée, respectueuse de la Vie, refusa. C'est alors qu'il lui fit subir le même sort qu'à ce malheureux qui n'avait, semblait-il, pas gagné le droit à une sépulture et au respect de son corps (de sa tête). Jean, qui volait au-dessus de la jeune fille,  se dit: « ma chère Live, tu ne mérites pas cela. Je t'ai souvent vu marcher, il a fallu me transformer pour me rendre compte de mon aveuglement. Je suis maintenant très amoureux de toi et...» 
Il voulut pousser un cri, et crever l’œil de cet homme mauvais et sans cœur, c’est alors que la jeune femme revint à la vie, sous le regard apeuré de son meurtrier. Elle rejeta sa tête en arrière et poussa un hurlement plus perçant que celui de tous les oiseaux réunis. Les chiens se mirent à aboyer; les chats miaulèrent, tandis que les oiseaux poussèrent des cris de douleur et volèrent en cercle dans ce ciel qui devint gris. Les nuages moelleux et doux laissèrent la place à un drap tout chagrin; le soleil partageait leur colère. Les arbres se balancèrent au rythme du vent furieux. 
Les humains regardèrent le firmament, silencieux, émerveillés. Ils n’avaient pas vu ce qui venait de se passer entre Olive et l’homme, coupeur de tête. Ou peut-être n’avaient-ils pas voulu le voir ? Qui sait ?  
Cet homme était d’ailleurs toujours debout, les cheveux dressés sur sa tête grisonnante. Lui si imposant n’était plus qu’un enfant terrorisé qui ne tarda pas à sucer un pouce rassurant. Une ambulance signala sa présence et les ambulanciers récupèrent l’homme et le conduisirent à l’hôpital (psychiatrique, sans doute). Les policiers arrivèrent à leur tour, suivis de près par les pompiers, comme s’il y avait un feu à éteindre. « Décidément, se dit Olive, c’est lorsque l’on ne les attend plus qu’ils se manifestent ceux-là, policiers, pompiers, ambulanciers. À croire qu’ils travaillent tous les trois pour les malfrats; pas contre eux.»
Le soleil réapparut soudain de sa cachette lorsque tout ce monde disparut. Olive se dirigea d’un pas alerte vers un magasin proche et acheta de l’eau, un sandwich au fromage, du chocolat et des bonbons.  Il était midi. Elle n’avait rien avalé de toute la journée. Jean, l’oiseau noir, la suivait encore, mais cette fois, il ne se posa pas sur son épaule. Il était un peu craintif et se demandait s’il avait bien été témoin de cette résurrection miraculeuse. Néanmoins, il sentait son petit cœur battre dans sa poitrine; il était  fasciné par Olive et désireux de le lui dire. Cependant, il savait qu’il devait redevenir un homme pour espérer la séduire et lui avouer ses sentiments. Il se disait que la charmante et adorable Olive était attachée à lui, l'être ailé, comme on s’attache à un animal de compagnie. 
Olive s’assit sur un banc, près du lieu de choix de Jean et de ses chers et fidèles goélands. (Les cloches sonnèrent.) 
Jean et les goélands se posèrent aux  côtés de la jeune femme.  Le jeune tourna autour de son chef, comme pour lui dire un secret. Ce dernier fit un tour complet et les goélands allèrent se restaurer. Jean resta et mangea des vers dans l’herbe. Olive, qui n’avait pas oublié sa présence, lui donna un bout de pain. Il le picora avec plaisir en poussant des cris de reconnaissance. Olive sourit. Elle sortit un calepin de son sac et elle écrivit cette phrase : « ce gentil oiseau ne m’a pas quitté de la journée, je crois». Elle ajouta, après hésitation : « à croire, qu’il s’agit de mon âme sœur, Lol.»
Les heures passèrent.  Olive était toujours assise. Elle regardait passer les voitures. Elle contemplait les femmes enceintes, les amoureux, les enfants, les bébés,  les familles, les gens seuls et elle rêvait à une famille: elle souhaitait la fonder avec l’homme de ses songes. Elle l’avait souvent vu dans ses rêves et dans le quartier, mais lui semblait ne pas la remarquer. Elle s’était fait une raison, mais là, elle ne pouvait qu’y penser. Elle se surprit à dire à haute voix, en soupirant: 
Jean, si seulement tu daignais me regarder comme une femme à aimer, à épouser; si tu voyais en moi la mère de tes futurs enfants, comme je serais heureuse. 
L’oiseau se mit à frémir. Il devint alors, devant Olive, un homme. C’était son Jean, tant aimé et tant désiré. Émue, elle se changea en un chat blanc et marron, tandis que s’allumèrent les lampadaires.  L'homme et la femme, la main dans la main, se regardèrent, sans dire un mot, quelques instants, et partirent. Une vie à deux commencerait enfin pour eux.

* Ce texte a été écrit pour un concours de nouvelles et....

 

@ Tous les droits réservés sur le texte. Merci.
     

Sophie ou mes trois raisons d'espérer

Par Evelyne Patricia Lokrou

 

 Je suis seule dans cette chambre froide d'hôpital. Par la fenêtre, je vois les nuages blancs se déplacer lentement entre les arbres dénudés de cet hiver doux. Je devine le soleil dans le bleu océan du ciel de cet après-midi chaud; l'un des derniers du mois de novembre 2015.Je bouge délicatement mes membres, un après l'autre, sous les couvertures, qui épousent mes formes agréablement, pour m'assurer de bien faire circuler mon sang dans tout mon organisme. - Ce sont les seuls exercices qui vous sont autorisés avant un certain temps, dit le médecin, d'un ton à la fois navré et plein d'espoir, avant d'ajouter:

- Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Bientôt, vous ne vous souviendrez que du bonheur et du merveilleux cadeau que vous fait la vie.

Quand je pense à ses paroles, je ne peux empêcher les larmes de couler sur mes joues, telles des perles dont on ne voudrait pour rien au monde. Chaque mot est une aiguille qui transperce ma peau sensible.

***

Il y a une semaine, une semaine déjà, mon époux, Jean, et moi, allions dîner, pour la première fois, à une table d'un petit restaurant branché. C'était notre troisième anniversaire de mariage. Le matin, tout content, l'homme de ma vie, m'annonça à la manière de l'enfant qu'il était resté: - Sophie, je t'emmène dans un endroit magique; un lieu où le champagne, le fromage et les desserts sont sans comparaison.Toute la journée, j'avais songé à ce tête-à-tête amoureux. J'avais tant de choses à lui dire, à lui raconter, à lui apprendre.   Je décidai de me faire belle pour lui et pour moi. Marie, ma cousine, une célèbre coiffeuse s'occupa de ma longue chevelure noire et en fit un chignon des plus élégants. J'enfilai la petite robe blanche, un cadeau de Jean, et me regardai, dans le miroir du salon.

- Tu es très belle, me réconforta, Marie.

Je ne sais pourquoi, mes yeux se remplir de larmes, que je voulais discrètes. Je me nettoyai les yeux du revers de la main, en murmurant avec une émotion que j'espérais arriver à cacher.

-  Mon Dieu, la poussière s'accumule de plus en plus dans cette pièce.

Cette remarque fit sourire Marie. Elle détourna le regard sans rien répondre.

Jean, qui était revenu de son rendez-vous d'affaire - à trente-deux ans, il était directeur de plusieurs hôtels; il souhaitait vendre celui qu'il trouvait le moins facile à gérer à cause de la distance -, resta silencieux un instant, avant de sortir ce compliment qui me fit rougir de plaisir.- Mon coeur, tu es à couper le souffle.

- Je suis aussi ronde qu'un ballon de football.- Jamais un ballon n'a été aussi joli que toi.- Tu es un amour, chéri. Merci. Toi aussi, tu es très beau dans ce complet bleu.

- Merci, j'ai eu le temps de prendre une douche à l'hôtel.

Dans la voiture, durant tout le trajet, nous parlions de tout et de rien; nous chantions les airs français qui passaient à la radio, tout en riant de nos fausses notes.Le personnel du restaurant, très accueillant, nous indiqua la table que Jean avait réservée. Il n'y avait plus aucune place de libre. Tout était complet. Ils durent, à regret, refuser plusieurs retardataires et certains clients, riches sans doute, qui espéraient avoir une place spéciale. Les gens discutaient tout en dégustant les délicieux mets commandés. L'ambiance était à la fête. On aurait dit que les couples avaient tous quelque chose à célébrer.Les rires fusaient de partout. Les serveurs venaient et partaient, avec des vins chers et réputés, tout comme des plats et des gâteaux, tous aussi alléchants les uns que les autres. Pendant la soirée, Jean m'offrit une magnifique bague en or sertie d'un impressionnant diamant.

- Je t'aime, Sophie.

- Je t'aime aussi, Jean.

- Ces trois années passées à tes côtés sont les plus belles de ma vie. Je ne changerai rien au monde.

- Pour moi aussi, mon trésor. Nous avons plusieurs années encore plus belles qui nous attendent dans le futur. Ce n'est qu'un début.

- Je l'espère bien! Bientôt, notre famille s'agran...

Jean ne termina pas sa phrase. Des coups de feu se firent entendre. Je tournai mon regard vers la porte du restaurant.  Des hommes, armés de mitraillettes, tiraient dans tous les coins, en hurlant des mots que je distinguais à peine. J'étais tétanisée, effrayée, incapable de faire un geste.C'est Jean qui plongea vers moi, pour me protéger de son corps, et m'obligea à me coucher sous la table. Nous étions un peu loin de l'entrée.

***

Quelques heures plus tard, je me réveillais dans cette chambre d'hôpital. Autour de moi, de nombreuses fleurs (surtout des roses rouges), des cartes, des boîtes de chocolats, des peluches, toutes sortes de gâteries et deux infirmières qui me souriaient, à la fois contentes, soulagées et un peu gênées.L'une d'elles sortit, un moment, et revint avec un jeune médecin.- Comment vous sentez-vous, madame ?

 - Que s'est-il passé ? Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi toutes ces fleurs ?

- Calmez-vous...vous...

- Je suis calme, docteur.

- Vous vous souvenez du restaurant ?

Des images de cette nuit revinrent à mon esprit, comme des flashs indésirables mais nécessaires. Je voulais sortir de ce lit, de cet endroit...

- Je veux rentrer chez moi.

- Calmez-vous, s'il vous plaît, madame Faure.La panique s'empara soudain de moi. Je posai une main sur mon ventre et hurlai, avant de m'évanouir:

- Jean !Quand je repris connaissance, Marie, ma soeur aînée, Florence, mon frère, Fabrice, mes parents, divorcés depuis sept ans, Flore et Florent, ainsi que le médecin et les deux infirmières me regardaient avec inquiétude et compassion. C'en était trop. J'étais heureuse de les voir, mais deux questions dansaient, sans cesse,  dans ma tête.

- Sophie, commença Florence, nous sommes si heureux de te savoir hors de danger et...

- Jean ? Jean ? Jean ? Jean ? Ils se regardèrent tous, tour à tour. Ils semblaient ne pas savoir que dire ou quoi faire.

***

Les infirmières, sous les ordres du médecin, sortent de la chambre.Les minutes passent. Sophie pleure. Personne n'ose la consoler. A quoi bon ? Ils doivent tous croient qu'elle en a besoin.Florence regarde sa montre toutes les minutes. La porte s'ouvre enfin. Les infirmières sont de retour. Elles ne sont pas toutes seules. Elles tiennent dans leurs mains chacune un bébé. Derrière elle, un homme sur une chaise roulante, poussée par un infirmier, a avec lui un bébé, lui aussi. Sophie, stupéfaite, s'arrête  soudain de pleurer. Elle ouvre des yeux grands. Elle ouvre la bouche. Elle la referme et l'ouvre à nouveau pour s'écrier:

- Jean ?Jean, ému, éclate en sanglots. Les personnes présentes dans la chambre, comme un seul homme, applaudissent.

- Toi alors, dit Jean. Nous espérions un enfant, le gynécologue nous a annoncé la naissance future de deux bébés et tu accouches de trois beaux bébés en santé et aussi irrésistibles que toi.

 - Tu as deux filles et un garçon, ajoute, la larme à l'oeil gauche, Florence. Jean rejoint son épouse. Il tend le bébé à Marie. Il embrasse Sophie avec passion, devant sa famille ravie.

***

Une infirmière, délicatement, vient de mettre un disque. C'est une compilation, de morceaux célèbres en français, faite pour moi par Fabrice, la chanson de Mike Brant, « L'oiseau noir et l'oiseau blanc » doucement s'empare de la pièce. Une heure plus tard, « bravo monsieur le monde » de Michel Fugain se fait entendre dans la chambre. Jean, triste et troublé, qui reste pourtant serein et confiant, me confie les gestes de compassion et de solidarité de la planète Terre. Nous nous embrassons, touchés par cet élan de générosité collective. ***Il y a une semaine. Une semaine, déjà. Je suis seule dans cette chambre froide d'hôpital. Par la fenêtre, je vois les nuages blancs se déplacer lentement entre les arbres dénudés de cet hiver doux. Je devine le soleil dans le bleu océan du ciel de cet après-midi chaud; l'un des derniers du mois de novembre 2015. Les oiseaux libres comme le vent, chantent leur hymne de paix et d'amour.Jean viendra bientôt me rejoindre. Nous sortirons de ce lieu, dans quelques heures. En attendant, j'écoute encore la musique. « Enfants de tous pays», d'Enrico Marcias résonne, tendrement, dans la pièce.

 ***

Je réalise que je suis vivante. J'ai vingt huit ans. Je suis une survivante. J'ai survécu à la VIOLENCE, cette chose horrible, injuste et douloureuse. J'ai la chance merveilleuse -  même si, j'ai envie de dire pourquoi moi ? et pourquoi pas d'autres ? - de voir encore ce monde. J'ai l'espoir de le voir changer pour le mieux; avoir la certitude qu'il s'améliorera me rassure. Les mots de Jacques Brel emplissent mon coeur et mon âme: « la pire forme d'absurdité est d'accepter ce monde tel qu'il est aujourd'hui et de ne pas lutter pour un monde comme il devrait être».Je sais qu'ils s'inscriront dans mon esprit et dans ma mémoire, à jamais, comme cette soirée qui a failli être la dernière pour mon époux, mes bébés et moi.  

Je pose les yeux sur mes enfants, France, Paris et Charles, qui dorment dans leur berceau commun, à mes côtés, et je souris. 

Fin.      

* Désolée pour la disposition ( mise en page) du texte.

 

* Écrit pour le concours de nouvelles 48h pour écrire organisé par Edilivre. Fait partie des 500 nouvelles retenues.

@ tous les droits réservés sur le texte. Merci.

" Vous avez été 2 000 à participer à la 3ème édition de 48 heures pour écrire. Le jury vient de délibérer ! Découvrez donc sans plus attendre les résultats du 1er concours d'écriture francophone : les 3 Grands Prix, le Prix du Public ainsi que le classement des 500 premières nouvelles." Ma nouvelles est la 254e. Ce n'est pas juste un concours, c'est un soutien important! Un appel à garder l"ESPOIR" comme le thème le suggère.........


Une jeune exilée 

Par Evelyne Patricia Lokrou


Je suis une petite fille. Une petite fille comme les autres. Une toute petite fille, dans un pays d'une Culture autre. Je suis une fillette, dans une ville en guerre. Une adorable fillette, sur un point d'une Terre d'où se déchaînent encore les tempêtes sans fin, les hurlements sinistres de la Mort et les menaces cruelles. Je suis une enfant. Une agréable enfant qui traîne sa faim, dans les tristes ruelles chargées de mille ombres et de pierres presque entières.
Je suis perdue dans un monde sombre d'où les étoiles éteintes brillaient intensément jadis telles les lumières éclatantes des images de mon Paradis. Je crie vers vous, mon murmure fou, mon innocente prière, moi, l'exilée à vos frontières.
Je supplie toujours, encore dans mon enfance, une meilleure jeunesse. Je réclame un Bonheur, aux portes des heures, et de douces paroles pleines de votre tendresse transformée en une adresse qui changera le temps, pour longtemps, en un magnifique Espoir. Un Espoir pour un lendemain comme un globe terrestre miniature dans une main confiante à la pensée de demain, trouvé.
Mes larmes tombent comme la pluie. Mes yeux prennent la couleur du sang. Mon coeur, cette douleur à l'agonie, cherche un repos mérité loin des rancoeurs. Et le choeur qui se joint à moi pour chanter la Liberté et la Vie est un frisson comme un songe inespéré.
Le réveil est encore pénible; le coucher un enfer, mais la chance qui pointe au loin m'enchante tant et si bien que je veux crier plus fort ma joie naissante dans ce chaos dont je m'éloigne jour après jour, minute après minute, semaine après semaine, sans sourire.
Je crie à nouveau vers vous, mon murmure fou, mon innocente prière, moi, l'exilée à vos frontières. Je suis une petite fille. Une petite fille comme les autres. Une toute petite fille, dans un pays d'une Culture autre. Je suis une fillette, dans une ville en guerre. Une adorable fillette, sur un point d'une Terre d'où se déchaînent encore les tempêtes sans fin, les hurlements sinistres de la Mort et les menaces cruelles. Je suis une enfant, une jeune exilée. Tout reste à écrire.
Je suis perdue dans un monde sombre d'où les étoiles éteintes brillaient intensément jadis telles les lumières éclatantes des images de mon Paradis. Je crie vers vous, mon murmure fou, mon innocente prière, moi, l'exilée à vos frontières. Moi, l'enfant. Une agréable enfant, dans les tristes ruelles chargées de mille ombres. Je veux chasser toutes ces ombres, échapper aux longues nuits sombres et retrouver les rires.

 

* Le texte a été écrit pour un concours de poésie. Je ne suis toujours pas convaincue du titre. Merci.

 

@ tous les droits réservés sur le texte. Merci.

Une jeune exilée (poème)

Amis pour la vie 
Par Evelyne Patricia Lokrou


Nous étions quatre amis. Nous ne nous quittions jamais. Les autres nous surnommaient, le sourire aux lèvres : les inséparables. Dès que l’on voyait l’un, les autres n’étaient pas loin. Comme les mousquetaires d’Alexandre Dumas, notre cri de ralliement, pas très original, mais vrai, était « Un pour tous et tous pour un». 
Aujourd’hui, nous ne sommes que trois; des Athos, Porthos et Aramis, sans notre d’Artagnan. Assis ensemble sur ce bang, dans ce musée froid et triste, nous pensons à notre ami récemment disparu. C’était un peintre et sa peinture est la seule chose que nous conservons de lui. Mis à part les souvenirs. Pourtant, rien ni personne ne saurait nous prendre ce que nous sommes fondamentalement. Nous étions comme les doigts de la main (sans le pouce bien sûr). Même amputé d’un membre, nous conservons notre complicité et notre profonde et éternelle amitié.
***
    Comme par hasard, et Dieu seul sait qu’il n’y a pas de hasard, nous sommes nés la même année, tous les quatre. Moi, Alain, je suis venu au monde, le 14 mai 1980; Fabrice, le 17 mars 1980; Patrick, le 12 avril 1980 et Charles, le 18 octobre 1980.
Nous nous sommes rencontrés à l’école. Plus précisément à la garderie. Très vite, nous sommes devenus des amis et même plus que des amis, des frères. Peut-être parce que tous les quatre nous étions des enfants uniques. Nos parents, complices de notre amitié, s’arrangeaient toujours pour nous mettre dans la même école. Compte tenu de notre âge, nous finissions toujours dans la même classe. Si bien que nous fîmes la maternelle, le secondaire et le lycée ensemble. Nous étions dans un système d’éducation à la française.
Patrick et Fabrice apprirent l’espagnol, en seconde, quand le moment fut venu de choisir entre l’allemand et l’espagnol; Charles et moi, nous apprîmes  l’allemand. Ce fut l’une des fois où nous fûmes séparés. L’autre fois, ce fut en première et en terminale. Je choisis la série C, la série scientifique par excellence; mes amis choisirent la série A, littéraire. Cette année là, je découvris combien j’aimais mes trois amis et frères. Bien sûr, nous nous retrouvions à la pause, mais ce n’était pas assez pour des garçons qui avaient passé leur petite enfance à être collés comme des sangsues à une peau. Nous discutions de choses et d’autres en particulier des filles.
Patrick, Fabrice et moi, nous réussîmes le baccalauréat. Charles dû reprendre sa classe de terminale. Il l’a repris trois fois. Au bout de ses trois échecs, il se dirigea vers une école d’Art. Il était particulièrement doué pour la peinture et le dessin. 
Puis vint l’université pour Patrick, Fabrice et moi. Nous n’étions plus que trois dans des facultés différentes : Moi, je suivais des cours de médecines; Fabrice, des études de droits, Patrick, des études en communication.
Les études terminées, chacun poursuivit ses activités. Nous n’étions plus souvent ensemble. Nous prîmes des chemins différents. La vie se chargea de nous séparer, mais pas pour trop longtemps, espérions-nous. Nous finirions par être à nouveau réunis, croyions nous.
***
Comme la chanson de Patrick Bruel, « Place des grands hommes», nous promirent de nous revoir tous les quatre lorsque nous aurions trente ans.
En novembre 2010, le 22 pour être précis, nous nous revîmes à une fête organisée par votre serviteur. Nous fêtâmes ensemble une fois encore, notre anniversaire, comme nous le faisions quand nous étions petits. Exception faite que nous bûmes du champagne et mangeâmes du gâteau.   Mais, l’un de nous brillait par son absence. Nous ne pouvions être totalement heureux, car nous venions d’être amputés d’une partie de nous même. Nous étions présents, à rire et à nous souvenir, mais nous n’étions pas totalement là. Nos pensées volaient vers notre ami. Il nous avait quittés si brusquement. Il était dans chacune de nos pensées. Rien ni personne ne pourrait le ramener. Nous étions meurtris, mais il fallait être fort et ne pas craquer. Notre amitié en dépendait. Car si nous étions abattus complètement, nous ne pourrions pas nous revoir, car cela serait pénible à chaque fois. Nous devions prendre ce départ pour un événement unificateur. Nous devions nous serer les coudes et ne pas perdre de vue notre profonde amitié. «Mourir sur scène», de Dalida était la chanson que nous choisîmes pour cette occasion particulière. C’était d’ailleurs son air préféré. Il l’écoutait tout le temps sans arrêt.
***
J’étais maintenant un gynécologue. J’étais père de quatre enfants : deux filles, Lyne et Julie, et deux garçons, Jacques et David. J’étais aussi l’époux de Suzanne. Je croyais tellement être marié à elle pour l’éternité. Mais, la vie joue des tours.
Fabrice était devenu un avocat célèbre. Il était aussi mon avocat. Il me représenta à mon divorce. Il vivait heureux avec Charlène, son épouse. Ils avaient deux merveilleux enfants : les jumeaux, Patricia et Patrice.
Patrick, journaliste et écrivain, vivait avec Dany, un professeur de français, dans un lycée. Il semblait heureux, même si Dany exigeait le mariage et les enfants (par adoption ou mère porteuse). Patrick n’était pas favorable à cette idée. Il voulait vivre avec son amour et vivre bien dans cette relation qu’ils partageaient depuis bientôt cinq ans. Cela le satisfaisait.
Charles, toujours célibataire, le plus beau de nous quatre, collectionnait les conquêtes. Les femmes tombaient à ses pieds, excusés l’expression, comme des mouches. Mais, il n’était pas heureux, car la seule femme qu’il aimait, Fiona, lui préférait un professeur de mathématique. Charles n’avait pas l’habitude des refus venant des femmes. Fiona était un défi et une contrariété. Il ne pouvait supporter de la voir lui dire non.
Peintre dessinateur, Charles faisait de nombreux tableaux de sa bien-aimée, sans pour autant émouvoir cette dernière. Elle devint son obsession. Il lui écrivait des lettres enflammées, sans succès. Elle restait de marbre. Rien de ce qu’il faisait ne semblait la toucher. Elle semblait insensible à ses charmes. 
« Tu n’es qu’un coureur de jupons», finit-elle par lui lancer à la figure, un soir. 
Elle lui annonça, par la même occasion qu’elle épousait, Jean, son professeur de mathématique. Charles, sensible comme peuvent l’être tous les artistes ne supporta pas la chose. Il fit une dépression qui le conduisit à l’hôpital psychiatrique. Il y resta pendant six mois. 
***
Le soleil était haut dans le ciel, ce mardi matin. Charles erra dans les rues comme un chien battu. Le soir venu, il sortit dans les bars toute la nuit pour noyer son chagrin, qui était inscrit sur son beau visage. Il ne manquait que l’étincelle pour allumer la mèche de la dynamite. Et ce qui devait arriver, arriva. Il rencontra un dealer, en sortant d’un des bars. Charles acheta de la drogue. Rentré chez lui, cet après-midi là, il décida de mettre fin à ses jours. Il s’enferma dans la petite salle de bain, de son modeste appartement, et il s’introduisit la mort dans les veines. N’ayant pas de ces nouvelles, une de ses nombreuses petites amies, Adèle, un mannequin, alla le voir. Le concierge la connaissait bien. Il l’aimait bien. Il accepta donc moyennant de l’argent d’ouvrir l’appartement. C’est comme cela qu’ils découvrirent Charles. Il était mort depuis cinq jours.
***
Avant son geste désespéré, Charles prit le temps d’écrire une lettre à ses trois meilleurs amis et frères :
Très chers frères et amis,
Je ne vous quitte pas vraiment. C’est cette vie que je fuis. Je me délivre de cette douleur; celle de ne pas avoir mon amour à mes côtés. Dites lui que je  lui pardonne de ne pas m’avoir choisi et de ne pas m’avoir fait confiance. Elle avait ses raisons. Je pars heureux d’avoir été aimé sur cette terre par la seule famille que j’ai : Vous !
Pardon, je ne serais pas au rendez-vous. J’aurais eu trente ans dans quelques jours. On est le 9 octobre. Mais, je ne veux pas les avoir, les fêter, sans mon cœur à mes côtés. Pardon de vous abandonner, mais la vie est insupportable sans elle. Je vous aime, frères. Pardon de ne pas être au rendez-vous ! Bisous. Adieu. Charles.
***
L’annonce de sa mort fut un choc pour nous. Nous ne comprenions pas son geste, même après la lecture de cette missive. Sa lettre, loin de nous réconforter, était pour nous une véritable trahison à notre amitié. Nous mîmes des semaines à digérer la nouvelle. Nous l’enterrâmes, le jour de son anniversaire. 
***


Et cet après-midi du mois de novembre 2013, nous voilà à nouveau assis sur ce banc, dans ce lieu qui nous le rappelle. Nous voici installés inconfortablement, serrés comme dans un autobus bondé, à penser à lui. Patrick lui a écrit un poème simple sans fioriture qu’il nous lit sans aucune passion :
Charles, fragile petite chose
Que nulle n’ose comprendre
Et prendre dans ses bras, 
Nous, nous t’aimons pourtant
Tu nous aimais tant 
Pourquoi avoir quitté ces belles choses
Pour les bras
Éternels de la mort ?
Adieu ami et frère.
C’est aussi lui qui a rédigé l’annonce de sa mort dans les journaux, il y a de cela trois ans :
La famille de Charles Bertrand a le regret d'annoncer son décès survenu le 9 octobre 2010 à 
Montréal. Âgé de 30 ans, il était le fils de Brigitte Laurence et d’Eddy Bertrand. Outre ses parents, il laisse dans le deuil ses amis et frères, Alain, Fabrice et Patrick, ainsi que de nombreux admirateurs et admiratrices.
***
Il était un peintre de talent.
Tu dis vrai, Alain, mais c’était aussi un artiste torturé, dit Fabrice.
Comme le sont en général les artistes de talents, affirme Patrick 
Il nous laisse de belles toiles, ajoute Fabrice.
Elle était vraiment belle, Fiona.
Oui, Alain, elle l’était au point de mourir pour elle !?
Tu l’as dit, Patrick, confirme Fabrice.
Il aimait les couleurs chaudes. Voyez ce jaune éclatant et ces couleurs vives. Ce rouge, ce vert, ce bleu, etc. montrent qu’il aimait la Vie ! Je ne comprends pas grand-chose à la peinture et à l’art, mais je peux avouer que c’est beau. Cette toile, je peux affirmer sans risque de me tromper que c’est nous trois, ses amis. Comme aujourd’hui, nous sommes assis ensemble…
Impossible de nous reconnaitre. Nous semblons identiques avec ses visages méconnaissables, Alain, dit Fabrice.
Mais, Fabrice, dit Patrick, nous sommes censés êtres des frères. Des frères se ressemblent d’une manière ou d’une autre. Il n’est pas nécessaires de savoir qui est un  tel. Seul importe l’Amour qu’ils éprouvent les uns pour les autres. Nous étions ensemble, toujours présents pour lui, comme il l’était pour nous. Il n’y a que cela qui compte.
De plus, nous nous savons que c’est nous les personnages du tableau. Inutile que les autres le sachent ou le devinent.
Bien dit Alain, approuva Patrick.
Les couleurs qu’il a choisis prouvent que nous comptions pour lui. Il nous aimait c’est certain : Le Jaune, l’intelligence, comme tu le dis souvent Alain, ta couleur préférée; Le rouge, L’Amour, pour moi, Fabrice; Le vert, L’espoir, pour toi Patrick et le bleu, pour lui, Charles, la Liberté, chacune de notre personnalité. Et les autres couleurs pour montrer que nous aimons la diversité et les êtres humains tels qu’ils sont.
Nous sommes les trois mousquetaires. Assis à attendre un D’Artagnan qui tarde toujours à venir. 
Oui, Alain, nous pouvons dire que nous connaissons l’Amour, L’Amitié et l’Entraide.
Oui !!! répondent-ils d’une seule voix.
Nous pouvons le dire !!!
***

Vous comprendrez que Charles était présent en esprit à cette fête qui nous était consacrée. Car, c’était toujours une fête, nos retrouvailles. Même si l’un des membres était absent de corps; il l’était par l’âme. L’Amour et l’Amitié le conservaient vivant dans chacune de nos réunions. Nous ne sommes désormais plus que trois, chagrinés, un peu en colère d’avoir perdu un ami si cher à notre cœur, sans avoir pu faire grand-chose pour lui. Mais, le geste de Charles était-il prévisible ? Nous demeurons des amis pour la vie, des amis aimants.
***
 Aujourd’hui, au moment où je vous parle, je suis devenu un gynécologue réputé et très apprécié. J’ai ma propre clinique. Mes patientes et mes patients, oui je consulte aussi les hommes, sont satisfaits. Je dirai même plus, comme se plaisent à dire dans Tintin, Dupont et Dupond, ils sont très satisfaits. Je prends soin d’eux. Bien sûr, il y a des cas malheureux, mais c’est très rare. Je me suis remarié avec Suzanne. En effet, vous avez bien lu. J’ai épousé à nouveau la mère de mes enfants. Je ne peux me passer d’elle et elle de moi. 
« Tout est dans la communication» ne cesse de me dire le conseillé matrimonial que nous consultons, une fois par semaine. Nos enfants sont heureux et grandissent bien. L’aînée, Lyne, vient d’avoir dix neuf ans et elle songe déjà à partir en appartement avec son petit ami, Patrice, qui a vingt deux ans.
Mes autres enfants ont respectivement, seize, quatorze et douze ans.
Fabrice vit toujours avec Charlène. Ils s’aiment toujours autant. Témoins à mon second mariage, il m’a demandé de ne plus réclamer ses services d’avocat.
Je compte bien te voir marié à cette femme pour la vie», dit-il.
Il est heureux de savoir qu’une belle histoire d’Amour s’est construite entre son fils, Patrice et ma fille, Lyne. Il  espère bien les voir se marier dans quelques années.
    Patrick et Dany se sont séparés. Dany vit désormais avec Alexandre, un humoriste. Ils ont adopté un petit garçon, qu’ils ont appelé Philippe, et fait appel à une mère porteuse pour le second enfant, une fille, qui porte le doux prénom de Sarah.
     Patrick, de son côté, vit avec Joël qu’il a rencontré dans le village gai, à la parade de la fierté gaie. Ce fut le coup de foudre. Il envisage de se marier; lui qui ne le désirait pas, il y a quelques années. Il espère avoir une flopée d’enfants. Bien évidemment, ils feront appel à des mères lesbiennes, désireuses elles aussi d’avoir des enfants, pour être les mères de leur enfants.
***
    Tous les trois nous allons régulièrement sur la tombe de notre ami, Charles. Mais, le plus important et le plus significatif, c’est lorsque nous allons tous les 22 novembre dans le musée pour voir sa peinture, notre portrait qui fait partie de la collection permanente.
    Toujours, nous nous installons sur le banc, l’un à côté de l’autre, dans le même ordre. Moi, Patrick et Fabrice et nous contemplons ce magnifique tableau laissé en héritage par notre ami. Nous parlons à voix basse de lui, sans jamais le blâmer de nous avoir ainsi abandonné. Et, puis, il l’a dit lui-même ce n’est pas un abandon. C’est une autre façon de choisir sa fin. Ce n’est pas la meilleure ni celle qu’on conseillerait, mais c’est une autre manière de choisir sa destinée. Le suicide n’est pas la solution, mais elle est parfois, malheureusement, la réponse à la souffrance.
Je suis fier d’être ici.
Nous le sommes tous, Alain, dit Patrick.
Charles a laissé un trésor inestimable au monde.
Oui, Alain, approuve Fabrice.
Notre portrait est tellement touchant que je ne sais jamais que dire en le voyant.
Je ne sais jamais, moi aussi, Alain, dit Patrick.
Nous ne pourrons jamais le remercier de nous avoir aimés.
Nous ne pouvons pas le remercier, mais nous pouvons apprécier ces belles toiles, en pensant très fort à lui, Alain, dit Fabrice.
Il nous aura appris une chose….
Laquelle, Alain ? interroge Fabrice.
Que l’amitié est, tout comme l’amour, essentiel.
Nous t’aimons, cher Ami!!! Disent-ils ensemble.
Nous ne t’oublierons jamais.
Comme le dit, Alain, tu seras toujours dans nos cœurs comme une fleur nouvelle, ajoute Patrick.
Sois heureux là où tu es !
Je dis comme Alain, sois heureux ! dit Fabrice.
Merci de nous avoir aimé comme des frères !
Merci!! Ajoute Fabrice et Patrick
***
Nous étions quatre amis. Nous étions unis à jamais. Les autres nous qualifiaient, en riant : d’inséparables. Nous les laissions dire. Les insultes ou les moqueries ne nous atteignaient pas, car nous étions très fiers de notre amitié. Comme Athos, Porthos, Aramis et D’Artagnan, nous ne nous quittions jamais. «C’était un pour tous et tous pour un». Mais aujourd’hui, nous ne sommes que trois.
    Assis, sur ce banc inconfortable, nous pensons à notre ami décédé. Il est mort, mais pas notre amitié. Elle est plus forte. Peut être en raison de cette mort soudaine. Dans notre cœur, nous sommes toujours quatre. Notre D’Artagnan est toujours en vie. Sa peinture nous aide à le conserver intacte dans nos mémoires et dans nos âmes un peu blessée par ce départ choisi. Nous sommes et resterons toujours des amis pour la vie. Rien ni personne ne pourra nous enlever ce lien que nous partageons. Nous sommes des frères et les frères n’oublient jamais de se souvenir les uns des autres. C’est le meilleur d’entre nous qui part le premier. Il était un peintre, un dessinateur, mais aussi un homme sensible, même si certains, comme Fiona, peuvent penser le contraire. Il aimait la Vie, même s’il a choisi de renoncer à elle. C’était un  amoureux des choses et des êtres, pas étonnant que les femmes l’aiment autant. Il savait les rendre plus belles qu’elles ne l’étaient en réalité. Il n’a pas su touché le cœur de Fiona, mais c’est parce qu’on ne peut être aimé de tous. Il faut se concentré sur ceux qui nous aime et pas sur ceux par qui l’on veut être aimé.
     Nous quitterons cette vie un jour ou l’autre nous aussi, l’un après l’autre ou ensemble, qui sait ? Mais, peu importe, car de l’autre côté, ils diront, avec un sourire aux lèvres : « Laissons les encore être des Amis, mais aussi des frères.»


FIN.

* Ce texte a été écrit pour un concours de nouvelle et soumis....

@ tous les droits réservés sur le texte. Merci.

Amis pour la vie ( nouvelle)

Le trésor
Par Evelyne Patricia Lokrou

 

Il était une fois, deux jeunes veuves, du même âge, trente-cinq ans. L'une était riche, Aïssa et l'autre pauvre, Aïcha. Elles avaient toutes les deux une fille du même âge, dix ans. La fille de Aïssa, Taïna, était ronde et vilaine de figure; au contraire, la fille de Aïcha, Maïmouna était très belle. Mais, en plus, elle était très serviable, travailleuse et pieuse; qualités que Taïna ne possédait pas.

Un matin, comme tous les matins du monde, Maïmouna alla au puits pour puiser de l'eau. Elle aimait tant la nature et les animaux que chemin faisant, elle s'arrêtait, soit pour les contempler, soit pour libérer un animal prisonnier des griffes dun prédateur ou dun piège. Elle avait une autre qualité, celle d'être toujours joyeuse et pourtant sa mère et elle n'étaient pas gâter par la vie : Le mari de Aïcha, Souma, était mort l'année dernière, attaqué par une lionne, furieuse de le voir approcher trop près de ses petits : C'était lui qui rapportait la nourriture à la maison (il s'occupait du champ de manioc et cueillait des fruits qu'il vendait majoritairement en ville. Cela leur faisait un petit revenu qui leurs permettaient à survivre). À son décès, Maïmouna, alors âgée de sept ans, était très dégourdie. Elle continua à travailler dans le champ et à récolter des fruits; elle était aidée de sa mère, qui se chargeait de les vendre au marché.
Maïmouna donc, de bonne humeur, alla puiser l'eau quotidienne pour la cuisine, car c'était elle qui préparait les repas, balayait leur case et la cour devant; elle lavait aussi les vêtements et les quelques ustensiles qu'elles possédaient.
Alors qu'elle était proche du puit, elle aperçue une vieille femme qui tenait un gros sac dans la main; elle avait aussi un fagot de bois sur sa tête. Maïmouna, généreuse et respectueuse proposa de laider :
- Merci ma fille, lui dit la vieille dame. Prends le sac et ne l'ouvre en aucun cas jusquà ce que je te le dise. Promets le moi.
- Je te le promets, dit Maïmouna un peu intriguée.
La vieille dame et elle allèrent au puits.
Comment vas-tu puiser de l'eau, grand-mère ? Tu n'as pas de seau.
À toi de le faire pour moi, dit la vielle dame à Maïmouna.
Je n'en ai qu'un, malheureusement, et ma mère m'attend.
Ouvre le sac. Il y a deux calebasses : une claire et une sombre. Choisis la sombre et puise l'eau pour que je me désaltère.
Maïmouna fit ce que lui ordonna la vieille dame.
Merci pour cette eau fraîche, ma fille. Maintenant, tu peux garder l'autre calebasse, mais ne l'ouvre que lorsque tu seras chez toi, en présence de ta mère, à minuit, pas avant.
Merci grand-maman, dit humblement Maïmouna, surprise de tant de générosité chez une femme qu'elle ne connaissait pas. 
Aussitôt, la vieille femme disparut, comme elle était apparut, mystérieusement.
Rentrée chez elle, Maïmouna raconta l'histoire de sa rencontre à sa mère. Avec prudence, elles entreprirent d'ouvrir la calebasse. Tel fut leur étonnement lorsqu'elles découvrirent que la calebasse contenait des pierres précieuses, de lor, de l'Argent et des graines pour cultiver (maïs, haricots, riz, blé, café, cacao, coton, bananes, etc.). Ce trésor était inestimable. Il venait tout changer dans leur existence. De pauvres, elles passèrent à riches.

Du jour au lendemain, elles devinrent les plus riches du village. Dévouées, elles firent construire des maisons, un hôpital, une école, une bibliothèque pour tous. Elles donnèrent à manger au plus démunis, car leurs plantations offraient des vivres en abondance.

Aïssa et Taïna étaient de plus en plus jalousent. Elles insistèrent pour connaître le secret de la richesse d'Aïcha et de Maïmouna. Ces deux dernières, nullement égoïstes le leur dit.
Aussitôt, Aïssa obligea Taïna à aller au puits. Ce que fit Taïna à contrecoeur. Elle rencontra la vieille femme. Mais, elle ne l'aida pas à transporter le sac. Au contraire. Elle la dépassa, sans dire bonjour ni offrir son aide respectueuse.
Ma fille, veux-tu bien maider ? Interrogea la vieille dame, au bord des larmes.
Que me donneras-tu en échange ? demanda Taïna.
Ce que tu voudras. Ce que tu mérites, dit la vieille dame.
Alors Taïna pris le sac des calebasses et alla au puit avec la vieille dame. Malgré sa promesse, elle ouvrit le sac avant la permission de la vieille dame.
Devant le puit, la vieille femme lui ordonna de servir à boire. Taïna but en premier et servit en suite la vieille dame. Sans rien dire, la vieille dame lui ordonna encore de conserver la calebasse claire comme elle l'avait fait pour Maïmouna et de ne l'ouvrir quavec sa mère à minuit.
Taïna ne prit pas la peine de remercier la vieille dame et elle revint chez elle. Elle raconta tout à sa mère, dont le mari était mort, il y a trois ans, empoisonné par sa propre femme,  cette dernière rit des méchancetés et des impolitesses de sa fille adorée. 
Elles nattendirent pas lheure réglementaire et ouvrit aussitôt le sac. Il y avait à lintérieur des serpents. Ces derniers les piquèrent et les avalèrent tout rond. On n'entendit plus parler d'elles. Le village débarrasser des deux méchantes riches qui passaient leur temps à se moquer et à persécuter les pauvres du village. 

Quant à Aïcha, elle vécue longtemps et heureuse auprès de Maïmouna qui se maria avec un riche, élégant et généreux médecin. Elle eut de nombreux enfants: des filles et des garçons, qui s'occupèrent de ses vieux jours avec Respect et Amour.

FIN

* Ce texte a été écrit pour un concours et soumis à ....

Désolée, parfois pour les apostrophes...La machine (rire)

 

@ tous les droits réservés sur le texte. Merci.

Le trésor (conte)

Evelyne Patricia Lokrou (@ tous les droits réservés sur la photographie. Merci.)

Evelyne Patricia Lokrou (@ tous les droits réservés sur la photographie. Merci.)

Bonjour.

Non à LA VIOL ENCE!  

Non au VIOL!

Non à LA VIOLENCE!

Non aux ABUS!

 Non aux Agressions!

Non aux VIOLENCES!

Non à La Discrimination!

Non à l'Intimidation!

Non aux Enlèvements !

Non à l'Esclavage!

Non au Harcèlement !

Non à l'Apharteid !

Non au RACISME!

Non, Non, Non, Non, Non...!!!!!!!! 😢😢😢

 @ Tous les droits réservés sur les photographies. Merci.

* Une pensée pour les personnes victimes de la haine, de la VIOLENCE ! 😢

Bonjour. Non à LA VIOL ENCE!  Non au VIOL! Non à LA VIOLENCE! Non aux ABUS!  Non aux Agressions! Non aux VIOLENCES! Non à La Discrimination! Non à l'Intimidation! Non aux Enlèvements ! Non à l'Esclavage! Non au Harcèlement ! Non au RACISME! Non, Non, Non, Non, Non...!!!!!!!! ���  @ Tous les droits réservés sur les photographies. Merci. Une pensée pour les personnes victimes de la haine, de la VIOLENCE ! �
Bonjour. Non à LA VIOL ENCE!  Non au VIOL! Non à LA VIOLENCE! Non aux ABUS!  Non aux Agressions! Non aux VIOLENCES! Non à La Discrimination! Non à l'Intimidation! Non aux Enlèvements ! Non à l'Esclavage! Non au Harcèlement ! Non au RACISME! Non, Non, Non, Non, Non...!!!!!!!! ���  @ Tous les droits réservés sur les photographies. Merci. Une pensée pour les personnes victimes de la haine, de la VIOLENCE ! �
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