Appel de textes (textes de Lokrou Evelyne Patricia)

Publié par Evelyne Patricia Lokrou

Combien de temps encore ?

Par Lokrou Evelyne Patricia

Je vis dans le vent de mes rêves retrouvés ;

Je regarde les silences de tes yeux,

Ces caresses violentes comme les vagues

Des tempêtes soudaines et déchaînées.

 

Je nage dans les désirs fanés de tes yeux;

Ces tombeaux accueillants et aimés,

Longs rappels paresseux et dérangeants du passé ;

Le passé d'un amour qui nous nargue

Comme des regrets toujours douloureux.

 

Je plonge dans le vide de tes " je t'aime"

Sans feindre le plaisir de tes murmures tant espérés ;

Je saute dans les mensonges de tes promesses

Sans un parachute pour freiner la tristesse

Qui s'emparera bientôt du trouble de nos corps.

 

Je rêve tes mots de miel, ces tendresses recherchées;

Je bois tes soupirs comme mes propres "je t'aime" ;

Je danse nos jours comme la certitude encore

De notre couple très prochainement reformé.

 

Je vis

Nos vies;

Je nage

Nos rages;

Je plonge

Nos songes;

Je rêve

Nos trêves.

Je vis

Nos vies;

Je nage

Dans nos rages

Et dans nos orages;

Je plonge

Dans nos songes;

Je rêve

Nos trêves.

Pour combien de temps encore ?

 


(@ tous les droits réservés sur le texte. Merci)

Lettre d'une enfant, ton épouse

Par Lokrou Evelyne Patricia

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Entends les mots 

D'une enfant

Déjà une femme

À tes yeux !

 

Je veux vivre l'enfance

Je veux vivre mon enfance.

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Entends les cris silencieux

D'une fillette

Déjà meurtrie

Dans sa jeune âme !

 

Je veux vivre

Je veux jouer

Je veux vivre mon enfance

Je veux jouer à mes jeux d'enfants.

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Écoute les pleurs

D'une gamine

À la triste mine !

 

Écoute les peurs

D'une gamine

Que le chagrin mine !

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Écoute ma douleur

Cette souffrance de chaque heure !

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Vois ma frayeur;

Elle m'appelle ailleurs;

Vois ma terreur;

Elle me veut ailleurs.

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Je veux courir

Avec insouciance;

Je veux rire

Avec confiance.

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Je veux vivre longtemps

Je veux prendre mon temps;

Je veux prendre le temps 

De grandir;

Je veux prendre le temps

De choisir;

Je veux prendre mon temps

Pour apprendre;

Je veux prendre le temps

De lire;

Je veux prendre le temps

De vivre

Sans mourir

Brusquement.

 

Je ne veux pas mourir;

Je ne veux pas mourir d'être devenue trop vite

Une femme avant le temps.

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Écoute ​​!

 Entends ma voix!

Je ne veux pas être une enfant-épouse ;

Je veux être une enfant.

Je ne veux pas être une enfant-femme; une fillette-femme;

Je veux être une fillette; je veux être une femme.

Je ne veux pas être une fillette, mère d'une fillette;

Je veux être une fillette avant d'être une femme et une mère.

 

S'il te plaît, écoute!

 Entends ma voix!

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Laisse-moi être une enfant

Avant d'être une femme;

Laisse-moi être une femme

Avant d'être une épouse;

Laisse-moi être une femme-épouse.

Je ne veux pas être une fillette-épouse

Je ne veux pas être une fillette-mère.

 

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon père

Toi, mon époux

Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Écoute !

Entends mes mots !

Entends ma voix !

Entends !

 


(@ tous les droits réservés sur le texte. Merci)

La séduction du printemps

Par Lokrou Evelyne Patricia

 

L'hiver vient de rendre son tablier à Mère Nature.

Le printemps, avec fierté, s'apprête à le remplacer.

Il se réjouit déjà des beaux bourgeons, des jolies fleurs, des feuilles sur les arbres et des pelouses vertes qu'il espère offrir à l'été, son ami; il sait que ce dernier saura en prendre soin.

Lentement, mais sûrement, notre joyeux printemps flirte avec le soleil et lui réclame le beau temps.

Le soleil, ému sans être dupe, joue les timides et, dans un pas de danse, à la fois invitant et contrariant, il avance, se montre, se cache et recommence ce manège, autant de fois que possible, pour mettre les nerfs de printemps à rude épreuve. L'hiver, - pas si heureux de s'en aller,- pour rire encore de printemps, trop content de s'installer, laisse tomber, pour une dernière fois, dans l'année, ses flocons de neige sur les toits des maisons, des rues, des arbres dénudés et du sol que printemps, souhaite tant faire reverdir.

Printemps ne sait pas l'importance du cadeau que lui offre ainsi, dans une ultime revanche, l'hiver. (Ah, Ah, Ah)!

Calmement, le soleil accepte la proposition d'un printemps patient; il dit "Adieu", pour un temps, à l'hiver.

Alors, printemps prend une profonde respiration et, il couvre la terre et l'atmosphère de ses nouvelles odeurs.

La terre s'exprime; le ciel est mis à contribution; les nuages font des gammes et reprennent la mélodie avec allégresse et ravissement; une mélodie bien appréciée des oiseaux, puisqu'ils chantent à leur tour, comme les enfants d'une chorale harmonieuse et émouvante.

Bientôt, " les parfums, les couleurs et les sons se répondront"

Le printemps aura alors gagné son jeu de séduction, pour quelque temps encore, et le cadeau qu'il offrira à son cher et précieux été sera le présent le plus agréable, le plus beau et le plus inoubliable des trésors.

Quelle saison, tout de même, non ?

 


(@ tous les droits réservés sur le texte. Merci)

L'écureuil et le moineau

Par Lokrou Evelyne Patricia

 

Voici l'histoire simple de l'écureuil et du moineau:

Écureuil et Moineau sont des amis depuis toujours.

Ils se respectent et s'apprécient depuis toujours.

Depuis toujours, ils se rendent des services à tour de rôle.

Moineau aime voir son reflet sur l'eau;

Écureuil aime voir Moineau prendre la parole.

Moineau raconte ses nombreux voyages

Avec la passion des grands sages

Écureuil l'écoute des heures, tous les jours,

En bon élève, avec attention et amour.

 

Un jour, pourtant, Écureuil décide de changer les choses:

" j'ai besoin d'autres choses".

Moineau, fâché et contrarié:

" Nous ne sommes pas mariés ".

Écureuil, ravi, ému et, un peu, étonné, 

Devant Moineau, troublé et vexé,

Impatient de découvrir le monde,

Quitte ce qui fait, depuis longtemps, leur monde.

 

- " Le monde est beau ?" interroge Moineau

- " Le monde est beau! ","  très beau!" 

Affirme Écureuil, à son retour!

Il ajoute: " Il vaut le détour !"

"C'est vrai, il faut en faire le tour" !

Approuve Moineau.

- " Mais, aussi beau que soit le monde,

Aussi beau qu'est le monde,

Il est plus beau quand on le partage avec un ami"

- " Avec un ami ?" 

- Oui, Moineau, avec toi, mon ami !

Voilà enfin l'accolade !

Écureuil et Moineau

S'embrassent et se font des charades.

Depuis ce jour, Écureuil raconte les découvertes de son voyage;

Moineau, qui voyage toujours, parle des beaux paysages

Du monde; un monde qui est encore plus beau

Car, ils sont Écureuil et Moineau

L'un pour l'autre, " le précieux cadeau".

 

 

 


(@ tous les droits réservés sur le texte. Merci)

 

 

La jeune fille harcelée

Par Lokrou Evelyne Patricia

 

Personnages :

Sophie (jeune élève de 14 ans)

Le choeur (tam-tam)

Le public (le miroir invisible; le miroir de la jeune Sophie)

 

Deux voix: Sophie, la jeune fille harcelée, et le choeur, la conscience et le réconfort.

 

Pour toutes les personnes harcelées

 

Le choeur

 (sous une musique triste, récite un poème de Théodore de Banville)

 

" Au moment de jeter dans le flot noir des villes,

Ces choses de mon coeur, gracieuses ou viles,

Que boira le gouffre sans fond,

Ce gouffre aux mille voix où vont toutes choses,

Et qui couvre d'oubli les tombes et les roses, 

Je me sens un trouble profond."

 

Sophie 

(calme, assise devant un miroir invisible (imaginaire) qui est le public (spectateur))

 

Quatorze bougies sur mon gâteau

Quatorze printemps de ma jeune vie

Un autre anniversaire dans le silence de mes peurs

Un autre voeu dans le sillage de mes pleurs

Des années divisées en deux périodes :

Dix ans d'insouciance, de rires, de paix, d'espoir;

Dix ans de bonheur avec les miens.

Puis, comme on change de mode

Quatre ans d'enfer

Quatre ans de souffrance

Quatre ans de patience

Quatre ans de sourires discrets

Quatre ans de secrets

Quatre ans de solitude, de haine, de désespoir.

Et voilà mon fragile bateau

Qui lentement 

Qui tristement

Qui sûrement

Coule vers un demain sans rien

Dans ce chantier nommé : vie

Voici une âme brisée

Voilà un coeur meurtri

Voici un esprit détruit

Voilà un corps chargé

De mille chagrins isolés

De mille pensées opposées

De mille souhaits contrastés

De mille désirs contrariés. 

 

Dans ce champ nommé : vie

Devant ce tableau

Ce tableau vide, sombre, douloureux

Que ne remarquent pas encore les gens heureux

Je tombe vers une tombe

Profonde, là où les ondes 

Et les ombres d'outre-tombe

Viennent cueillir leur victime

Une victime qui sombre

Déjà vers leur néant 

Et à pas de géant

Cette malheureuse victime

Les rejoindra bientôt

Trop tôt

Et pourtant...

 

Le choeur

 (au son du tam-tam, interroge avec un poème de Charles Baudelaire)

" - Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?

Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?

- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.

- Tes amis ?

- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

- Ta patrie ?

- J'ignore sous quelle lattitude elle est située.

- La beauté ?

- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.

- L'or ?

- Je le hais, comme vous haïssez Dieu."

 

Sophie (un discret sourire aux lèvres, raconte)

C'était ma première année

Dans cette nouvelle école 

Dans cette nouvelle classe

J'étais " un pot de colle "

Selon certaines personnes sans classe.

 

C'était ma première année

Parmi ses filles, ses "camées "

De l'apparence et du paraître.

 

Bientôt, je devrais " renaître "

Mais " renaître " pour mourir

Et non pour vivre...

(Sophie se tait. Petite pause)

 

 

Le choeur

 (interroge encore, sous le tam-tam, avec les vers de Charles Baudelaire)

 

" - Eh! qu'aimes-tu donc extraordinaire étranger ?

- J'aime les nuages...les nuages qui passent...là-bas...là-bas...les merveilleux nuages !

 

Sophie (raconte encore, avec plus de violence dans la voix)

 

Je n'aimais pas particulièrement l'école, mais apprendre n'était pas un si grand effort. De plus, les livres étaient mon point fort; ils retenaient mon attention: ils étaient un moyen intéressant d'acquérir des connaissances et de s'évader; ils m'aidaient à échapper aux barreaux invisibles, pourtant réels, de cette prison: l'établissement scolaire.

Je pouvais rêver, plonger dans ma lecture, à des horizons nouveaux, à l'amour, aux voyages, à l'aventure,...

Je pouvais être une autre "moi" (un "moi", plus fort, plus brave, plus audacieux, plus courageux). Vous l'avez compris: Je me trouvais sans cesse " minable", peureuse, banale...

On me l'avait fait croire et je m'en étais persuadée comme d'une fatalité, d'une chose incontournable, inchangeable, inévitable...

J'avais beau, en me regardant dans un miroir, me convaincre du contraire; je me voyais avec leurs yeux (Sophie regarde la foule, un moment, en silence.)

Je voulais me convaincre que j'avais tous les pouvoirs, même ceux de changer le " destin"  en victoire et de conquérir les coeurs dont les portes restaient froides et fermées; il ne se passait rien de positif. Je renonçais très vite, - comme on renonce à prendre un autobus pour une destination inconnue - , parce que même me dire: " tu es belle, intelligente, unique" me rendait encore plus triste et peinée.

Les jours, les semaines, les mois passent et on observe sa vie en spectateur, impuissant; on ne se reconnaît pas et on ne reconnaît plus rien ...; on cherche à fuir, à se fuir, à oublier, à se cacher des autres et de soi, puisque l'on croit être un problème, un fardeau, un poison...

On croit ne pas avoir sa place, une place dans cette existence, dans ce monde...

Alors, on se glisse dans des vêtements (au figuré comme au propre) inappropriés; des vêtements qui doivent nous rendre invisible et chasser les importuns, les harceleurs, les intimidateurs,...

Erreur !

Ils reviennent avec force, comme des mouches sur l'eau sucrée. On voudrait une vie de miel, avec des amis, des rires à nouveaux, des " bonjour" sincères, des encouragements, (même si l'on redoute cela aussi...) mais...

L'existence devient insoutenable, intenable, infernale...

On se renferme et progressivement on sombre dans le chaos de la souffrance; on tombe dans le gouffre des doutes, des peines, des peurs...; des questions, sans réponses, germent dans la tête ; une tête jamais au repos. La minute passe avec la colère, le dégoût et la tristesse (un mot qui revient souvent), qui grandissent comme des tulipes; votre vie est désormais un escalier penché prêt à se sectionner sous le poids de l'usure du temps...

( Sophie se tait, une nouvelle fois)

(Le tam-tam résonne trois fois, puis une musique douce se fait entendre).

 

Le choeur (avec douceur et tendresse)

Sophie, jolie Sophie

La " Sophia" , pleine de sagesse

Sophie, toujours souriante

Sophie, toujours riante

Sophie, toujours brillante

Et pleine d'espoir et de tendresse

 

Sophie, amour

Sophie, sagesse

 

Sophie, la vie n'est pas toujours douceur même pour les âmes amoureuses,

Même pour les personnes généreuses

Même pour les philosophes.

 

Brave, Sophie

Courageuse, Sophie.

 

Ris  ta VIE !

Vis ta VIE !

(Le tam-tam résonne encore 3 fois; il résonne trois fois; il résonne trois fois)

 

Sophie (pousse un grand cri)

(pause) Combien de fois, seule dans un coin,

Ce cri est sorti de mes poumons opprimés, comprimés jusqu'à l'étouffement ?

Un cri de douleur,

Un cri de recommencement

Un cri de lutte silencieuse

Un cri de révolte pacifique

Un cri de guerre sans armes.

Combien de fois ce cri solitaire a été un cri sous les mots, sous les injures, sous l'intimidation, sous le harcèlement, sous les tortures morales et physiques ?

Combien de fois ?

Trop de fois !

Trop souvent !

Trop, trop, trop ! (Pause)

 

Le choeur 

(précédé d'un joueur de tam-tam, un son fort, prenant, touchant, inoubliable)

---

 

Sophie (dans une tristesse sereine)

Pour certains, je suis trop brillante, en classe (trop ?) .

Pour d'autres encore, je suis le " chouchou" du professeur. (Même si je ne parle jamais)

Certains m'accusent de me prendre pour une autre (une autre ? Qui ?)

Ils me reprochent d'avoir trop de goût en matière de vêtements ou pas assez de goût.

Ils prennent mon repas, mon argent, mes vêtements,...

Ils prennent mes effets de valeurs (qui sont des objets d'une grande valeur uniquement sentimentale pour moi).

 

On ne parle pas des injures;

On ne parle pas des insultes;

Il est impossible de les répéter (elles sont trop grossières, trop " moches", "trop sales")

Ce sont des calomnies, des diffamations, des mensonges,...

Toute l'année, je suis victime de jalousie, de haine, de discrimination...

Pourquoi ?

Parce que je suis , moi, SOPHIE !

 

Le choeur (une musique douce et apaisante)

Force ! 

Sois forte, Sophie !

Courage !

Sois courageuse, Sophie !

Parler !

Parle à tes parents !

Parle à tes professeurs !

Parle à quelqu'un de confiance !

Parle de tes peurs!

Parle de tes pleurs!

 

Raconter !

Raconte ton malheur!

Raconte ta douleur !

Dire !

Dis ta peine !

Dis ta souffrance !

Dis ton chagrin !

Dis ton impuissance...!

Parle, dis, raconte tout!

 

Sophie (fatiguée)

J'ai l'impression d'être incomprise.

C'est toujours dans ma tête, pour certains...

Le cauchemar n'aura donc pas de fin !

Je veux vivre....

Je ne veux plus souffrir...

Je ne veux plus mourir à petit feu...

Plus de douleur!

Plus de peurs!

Plus de pleurs!

Plus de vils espoirs!

Plus de tout ça !

Je ne veux plus être la jeune fille harcelée !

(Sophie avale des comprimés)

 

Le choeur (le tam-tam résonne trois fois)

 (une musique funeste)

Elle est partie!

Elle est sortie!

Sortie de leur vie à jamais!

Pour toujours!

Elle voulait rester !

Elle voulait encore rêver !

Elle était maltraitée !

Elle était harcelée!

Elle se sentait seule !

Toujours seule !

Tout le temps, seule avec ses harceleurs !

Elle n'était pas seule !

Mais,....

 

Vous !

Oui, vous !

Vous qui écoutez !

Vous qui regardez !

Vous qui blessez!

Vous qui harcelez !

Arrêtez !

 

Non, non, non !

Plus de SOPHIE!

Plus de jeunes filles harcelées !

Non, non, non au Harcèlement!

(le tam-tam résonne encore trois fois)

(des bougies sont allumées)

 

 

 

 


(@ tous les droits réservés sur le texte. Merci)

 

 

Bonjour.
Voici les 5 textes: 
"Combien de temps encore ?
"; "L'écureuil et le moineau";
" Lettre d'une enfant, ton épouse"; 
"La jeune fille harcelée" ;
 " La séduction du printemps".
Bonne journée.
Merci.
D' Evelyne Patricia LOKROU


Combien de temps encore ?
Par Lokrou Evelyne Patricia

Je vis dans le vent de mes rêves retrouvés ;
Je regarde les silences de tes yeux,
Ces caresses violentes comme les vagues
Des tempêtes soudaines et déchaînées.


Je nage dans les désirs fanés de tes yeux;
Ces tombeaux accueillants et aimés,
Longs rappels paresseux et dérangeants du passé ;
Le passé d'un amour qui nous nargue
Comme des regrets toujours douloureux.


Je plonge dans le vide de tes " je t'aime"
Sans feindre le plaisir de tes murmures tant espérés ;
Je saute dans les mensonges de tes promesses
Sans un parachute pour freiner la tristesse
Qui s'emparera bientôt du trouble de nos corps.


Je rêve tes mots de miel, ces tendresses recherchées;
Je bois tes soupirs comme mes propres "je t'aime" ;
Je danse nos jours comme la certitude encore
De notre couple très prochainement reformé.


Je vis
Nos vies;

Je nage
Nos rages;

Je plonge
Nos songes;

Je rêve
Nos trêves.

Je vis
Nos vies;

Je nage
Dans nos rages
Et dans nos orages;

Je plonge
Dans nos songes;

Je rêve
Nos trêves.

Pour combien de temps encore ?


Lettre d'une enfant, ton épouse
Par Lokrou Evelyne Patricia


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père

 

Entends les mots 
D'une enfant
Déjà une femme
À tes yeux !


Je veux vivre l'enfance
Je veux vivre mon enfance.

 

Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Entends les cris silencieux
D'une fillette
Déjà meurtrie
Dans sa jeune âme !


Je veux vivre
Je veux jouer
Je veux vivre mon enfance
Je veux jouer à mes jeux d'enfants.


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Écoute les pleurs
D'une gamine
À la triste mine !

 

Écoute les peurs
D'une gamine
Que le chagrin mine !


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Écoute ma douleur
Cette souffrance de chaque heure !


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Vois ma frayeur;
Elle m'appelle ailleurs;
Vois ma terreur;
Elle me veut ailleurs.


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Je veux courir
Avec insouciance;
Je veux rire
Avec confiance.


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Je veux vivre longtemps
Je veux prendre mon temps;
Je veux prendre le temps 
De grandir;
Je veux prendre le temps
De choisir;
Je veux prendre mon temps
Pour apprendre;
Je veux prendre le temps
De lire;
Je veux prendre le temps
De vivre
Sans mourir
Brusquement.


Je ne veux pas mourir;
Je ne veux pas mourir d'être devenue trop vite
Une femme avant le temps.


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Écoute ​​!
 Entends ma voix!

Je ne veux pas être une enfant-épouse ;
Je veux être une enfant.
Je ne veux pas être une enfant-femme; une fillette-femme;
Je veux être une fillette; je veux être une femme.
Je ne veux pas être une fillette, mère d'une fillette;
Je veux être une fillette avant d'être une femme et une mère.


S'il te plaît, écoute!
 Entends ma voix!


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Laisse-moi être une enfant
Avant d'être une femme;
Laisse-moi être une femme
Avant d'être une épouse;
Laisse-moi être une femme-épouse.
Je ne veux pas être une fillette-épouse
Je ne veux pas être une fillette-mère.


Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon père
Toi, mon époux
Toi qui pourrais être mon grand-père


Écoute !
Entends mes mots !
Entends ma voix !
Entends !

 


(@ tous les droits réservés sur le texte. Merci)

 


La séduction du printemps
Par Lokrou Evelyne Patricia


L'hiver vient de rendre son tablier à Mère Nature.
Le printemps, avec fierté, s'apprête à le remplacer.
Il se réjouit déjà des beaux bourgeons, des jolies fleurs, des feuilles sur les arbres et des pelouses vertes qu'il espère offrir à l'été, son ami; il sait que ce dernier saura en prendre soin.
Lentement, mais sûrement, notre joyeux printemps flirte avec le soleil et lui réclame le beau temps.
Le soleil, ému sans être dupe, joue les timides et, dans un pas de danse, à la fois invitant et contrariant, il avance, se montre, se cache et recommence ce manège, autant de fois que possible, pour mettre les nerfs de printemps à rude épreuve. L'hiver, - pas si heureux de s'en aller,- pour rire encore de printemps, trop content de s'installer, laisse tomber, pour une dernière fois, dans l'année, ses flocons de neige sur les toits des maisons, des rues, des arbres dénudés et du sol que printemps, souhaite tant faire reverdir.
Printemps ne sait pas l'importance du cadeau que lui offre ainsi, dans une ultime revanche, l'hiver. (Ah, Ah, Ah)!
Calmement, le soleil accepte la proposition d'un printemps patient; il dit "Adieu", pour un temps, à l'hiver.
Alors, printemps prend une profonde respiration et, il couvre la terre et l'atmosphère de ses nouvelles odeurs.
La terre s'exprime; le ciel est mis à contribution; les nuages font des gammes et reprennent la mélodie avec allégresse et ravissement; une mélodie bien appréciée des oiseaux, puisqu'ils chantent à leur tour, comme les enfants d'une chorale harmonieuse et émouvante.
Bientôt, " les parfums, les couleurs et les sons se répondront"
Le printemps aura alors gagné son jeu de séduction, pour quelque temps encore, et le cadeau qu'il offrira à son cher et précieux été sera le présent le plus agréable, le plus beau et le plus inoubliable des trésors.
Quelle saison, tout de même, non ?

 


(@ tous les droits réservés sur le texte. Merci)

 


L'écureuil et le moineau
Par Lokrou Evelyne Patricia


Voici l'histoire simple de l'écureuil et du moineau:

Écureuil et Moineau sont des amis depuis toujours.
Ils se respectent et s'apprécient depuis toujours.
Depuis toujours, ils se rendent des services à tour de rôle.
Moineau aime voir son reflet sur l'eau;
Écureuil aime voir Moineau prendre la parole.

Moineau raconte ses nombreux voyages
Avec la passion des grands sages
Écureuil l'écoute des heures, tous les jours,
En bon élève, avec attention et amour.


Un jour, pourtant, Écureuil décide de changer les choses:
" j'ai besoin d'autres choses".
Moineau, fâché et contrarié:
" Nous ne sommes pas mariés ".
Écureuil, ravi, ému et, un peu, étonné, 
Devant Moineau, troublé et vexé,
Impatient de découvrir le monde,
Quitte ce qui fait, depuis longtemps, leur monde.


- " Le monde est beau ?" interroge Moineau
- " Le monde est beau! ","  très beau!" 
Affirme Écureuil, à son retour!
Il ajoute: " Il vaut le détour !"
"C'est vrai, il faut en faire le tour" !
Approuve Moineau.
- " Mais, aussi beau que soit le monde,
Aussi beau qu'est le monde,
Il est plus beau quand on le partage avec un ami"
- " Avec un ami ?" 
- Oui, Moineau, avec toi, mon ami !

Voilà enfin l'accolade !
Écureuil et Moineau
S'embrassent et se font des charades.
Depuis ce jour, Écureuil raconte les découvertes de son voyage;
Moineau, qui voyage toujours, parle des beaux paysages
Du monde; un monde qui est encore plus beau
Car, ils sont Écureuil et Moineau
L'un pour l'autre, " le précieux cadeau".

 



(@ tous les droits réservés sur le texte. Merci)

 

La jeune fille harcelée
Par Lokrou Evelyne Patricia

 

Personnages :
Sophie (jeune élève de 14 ans)
Le choeur (tam-tam)
Le public (le miroir invisible; le miroir de la jeune Sophie)

 

Deux voix: Sophie, la jeune fille harcelée, et le choeur, la conscience et le réconfort.


Pour toutes les personnes harcelées

 

Le choeur

 (sous une musique triste, récite un poème de Théodore de Banville)


" Au moment de jeter dans le flot noir des villes,
Ces choses de mon coeur, gracieuses ou viles,
Que boira le gouffre sans fond,
Ce gouffre aux mille voix où vont toutes choses,
Et qui couvre d'oubli les tombes et les roses, 
Je me sens un trouble profond."

 

Sophie 

(calme, assise devant un miroir invisible (imaginaire) qui est le public (spectateur))


Quatorze bougies sur mon gâteau
Quatorze printemps de ma jeune vie
Un autre anniversaire dans le silence de mes peurs
Un autre voeu dans le sillage de mes pleurs
Des années divisées en deux périodes :
Dix ans d'insouciance, de rires, de paix, d'espoir;
Dix ans de bonheur avec les miens.

Puis, comme on change de mode
Quatre ans d'enfer
Quatre ans de souffrance
Quatre ans de patience
Quatre ans de sourires discrets
Quatre ans de secrets
Quatre ans de solitude, de haine, de désespoir.
Et voilà mon fragile bateau

Qui lentement 
Qui tristement
Qui sûrement
Coule vers un demain sans rien
Dans ce chantier nommé : vie

Voici une âme brisée
Voilà un coeur meurtri
Voici un esprit détruit
Voilà un corps chargé
De mille chagrins isolés
De mille pensées opposées
De mille souhaits contrastés
De mille désirs contrariés. 


Dans ce champ nommé : vie
Devant ce tableau
Ce tableau vide, sombre, douloureux
Que ne remarquent pas encore les gens heureux
Je tombe vers une tombe
Profonde, là où les ondes 
Et les ombres d'outre-tombe
Viennent cueillir leur victime
Une victime qui sombre
Déjà vers leur néant 
Et à pas de géant
Cette malheureuse victime
Les rejoindra bientôt
Trop tôt
Et pourtant...

 

Le choeur

 (au son du tam-tam, interroge avec un poème de Charles Baudelaire)

" - Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle lattitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or ?
- Je le hais, comme vous haïssez Dieu."


Sophie (un discret sourire aux lèvres, raconte)

C'était ma première année
Dans cette nouvelle école 
Dans cette nouvelle classe
J'étais " un pot de colle "
Selon certaines personnes sans classe.


C'était ma première année
Parmi ses filles, ses "camées "
De l'apparence et du paraître.


Bientôt, je devrais " renaître "
Mais " renaître " pour mourir
Et non pour vivre...

(Sophie se tait. Petite pause)

 

 

Le choeur

 (interroge encore, sous le tam-tam, avec les vers de Charles Baudelaire)


" - Eh! qu'aimes-tu donc extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages...les nuages qui passent...là-bas...là-bas...les merveilleux nuages !

 

Sophie (raconte encore, avec plus de violence dans la voix)


Je n'aimais pas particulièrement l'école, mais apprendre n'était pas un si grand effort. De plus, les livres étaient mon point fort; ils retenaient mon attention: ils étaient un moyen intéressant d'acquérir des connaissances et de s'évader; ils m'aidaient à échapper aux barreaux invisibles, pourtant réels, de cette prison: l'établissement scolaire.
Je pouvais rêver, plonger dans ma lecture, à des horizons nouveaux, à l'amour, aux voyages, à l'aventure,...
Je pouvais être une autre "moi" (un "moi", plus fort, plus brave, plus audacieux, plus courageux). Vous l'avez compris: Je me trouvais sans cesse " minable", peureuse, banale...
On me l'avait fait croire et je m'en étais persuadée comme d'une fatalité, d'une chose incontournable, inchangeable, inévitable...
J'avais beau, en me regardant dans un miroir, me convaincre du contraire; je me voyais avec leurs yeux (Sophie regarde la foule, un moment, en silence.)
Je voulais me convaincre que j'avais tous les pouvoirs, même ceux de changer le " destin"  en victoire et de conquérir les coeurs dont les portes restaient froides et fermées; il ne se passait rien de positif. Je renonçais très vite, - comme on renonce à prendre un autobus pour une destination inconnue - , parce que même me dire: " tu es belle, intelligente, unique" me rendait encore plus triste et peinée.
Les jours, les semaines, les mois passent et on observe sa vie en spectateur, impuissant; on ne se reconnaît pas et on ne reconnaît plus rien ...; on cherche à fuir, à se fuir, à oublier, à se cacher des autres et de soi, puisque l'on croit être un problème, un fardeau, un poison...
On croit ne pas avoir sa place, une place dans cette existence, dans ce monde...
Alors, on se glisse dans des vêtements (au figuré comme au propre) inappropriés; des vêtements qui doivent nous rendre invisible et chasser les importuns, les harceleurs, les intimidateurs,...
Erreur !
Ils reviennent avec force, comme des mouches sur l'eau sucrée. On voudrait une vie de miel, avec des amis, des rires à nouveaux, des " bonjour" sincères, des encouragements, (même si l'on redoute cela aussi...) mais...
L'existence devient insoutenable, intenable, infernale...
On se renferme et progressivement on sombre dans le chaos de la souffrance; on tombe dans le gouffre des doutes, des peines, des peurs...; des questions, sans réponses, germent dans la tête ; une tête jamais au repos. La minute passe avec la colère, le dégoût et la tristesse (un mot qui revient souvent), qui grandissent comme des tulipes; votre vie est désormais un escalier penché prêt à se sectionner sous le poids de l'usure du temps...

( Sophie se tait, une nouvelle fois)

(Le tam-tam résonne trois fois, puis une musique douce se fait entendre).

 

Le choeur (avec douceur et tendresse)

Sophie, jolie Sophie
La " Sophia" , pleine de sagesse
Sophie, toujours souriante
Sophie, toujours riante
Sophie, toujours brillante
Et pleine d'espoir et de tendresse


Sophie, amour
Sophie, sagesse


Sophie, la vie n'est pas toujours douceur même pour les âmes amoureuses,
Même pour les personnes généreuses
Même pour les philosophes.


Brave, Sophie
Courageuse, Sophie.


Ris  ta VIE !
Vis ta VIE !

(Le tam-tam résonne encore 3 fois; il résonne trois fois; il résonne trois fois)

 

Sophie (pousse un grand cri)

(pause) Combien de fois, seule dans un coin,
Ce cri est sorti de mes poumons opprimés, comprimés jusqu'à l'étouffement ?

Un cri de douleur,
Un cri de recommencement
Un cri de lutte silencieuse
Un cri de révolte pacifique
Un cri de guerre sans armes.
Combien de fois ce cri solitaire a été un cri sous les mots, sous les injures, sous l'intimidation, sous le harcèlement, sous les tortures morales et physiques ?

Combien de fois ?
Trop de fois !
Trop souvent !
Trop, trop, trop ! (Pause)

 

Le choeur 

(précédé d'un joueur de tam-tam, un son fort, prenant, touchant, inoubliable)

---

 

Sophie (dans une tristesse sereine)

Pour certains, je suis trop brillante, en classe (trop ?) .
Pour d'autres encore, je suis le " chouchou" du professeur. (Même si je ne parle jamais)
Certains m'accusent de me prendre pour une autre (une autre ? Qui ?)
Ils me reprochent d'avoir trop de goût en matière de vêtements ou pas assez de goût.
Ils prennent mon repas, mon argent, mes vêtements,...
Ils prennent mes effets de valeurs (qui sont des objets d'une grande valeur uniquement sentimentale pour moi).


On ne parle pas des injures;
On ne parle pas des insultes;
Il est impossible de les répéter (elles sont trop grossières, trop " moches", "trop sales")
Ce sont des calomnies, des diffamations, des mensonges,...
Toute l'année, je suis victime de jalousie, de haine, de discrimination...
Pourquoi ?
Parce que je suis , moi, SOPHIE !

 

Le choeur (une musique douce et apaisante)

Force ! 
Sois forte, Sophie !

Courage !
Sois courageuse, Sophie !

Parler !
Parle à tes parents !
Parle à tes professeurs !
Parle à quelqu'un de confiance !
Parle de tes peurs!
Parle de tes pleurs!


Raconter !
Raconte ton malheur!
Raconte ta douleur !

Dire !
Dis ta peine !
Dis ta souffrance !
Dis ton chagrin !
Dis ton impuissance...!
Parle, dis, raconte tout!

 

Sophie (fatiguée)

J'ai l'impression d'être incomprise.
C'est toujours dans ma tête, pour certains...
Le cauchemar n'aura donc pas de fin !
Je veux vivre....
Je ne veux plus souffrir...
Je ne veux plus mourir à petit feu...
Plus de douleur!
Plus de peurs!
Plus de pleurs!
Plus de vils espoirs!
Plus de tout ça !
Je ne veux plus être la jeune fille harcelée !

(Sophie avale des comprimés)

 

​​​​​​​Le choeur (le tam-tam résonne trois fois)

 (une musique funeste)

Elle est partie!
Elle est sortie!
Sortie de leur vie à jamais!
Pour toujours!
Elle voulait rester !
Elle voulait encore rêver !
Elle était maltraitée !
Elle était harcelée!
Elle se sentait seule !
Toujours seule !
Tout le temps, seule avec ses harceleurs !
Elle n'était pas seule !
Mais,....


Vous !
Oui, vous !
Vous qui écoutez !
Vous qui regardez !
Vous qui blessez!
Vous qui harcelez !
Arrêtez !


Non, non, non !
Plus de SOPHIE!
Plus de jeunes filles harcelées !
Non, non, non au Harcèlement!


(le tam-tam résonne encore trois fois)

(des bougies sont allumées)

 

 


(@ tous les droits réservés sur les textes. Merci)

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour.
* Je suis Evelyne Patricia Lokrou (Femme, noire africaine, Écrivain, journaliste, artiste peintre) J'ai aussi un blog. J'écris (contes, poèmes, nouvelles, théâtre, roman.)  J'écris, je dessine, je peins, je sculpte, je photographie.Merci.
 Je suis née en Côte d'Ivoire. Je suis depuis 1994 au Canada, à Montréal (Québec). Je suis arrivée dans ce pays pour des études à l'université en tant qu'étudiante étrangère.
De 1994-2016 (Neuf (9) certificats, trois (3) baccalauréats (Bachelière Es. Arts) de 1998-2002-2006 à (de) l'université de Montréal (UdeM), diplômée en journalisme, rédaction, publicité, relations publiques, arts plastiques, général en communication appliquée,...
http://diplomes.umontreal.ca/bottin/alpha.aspx?L=L
LOKROU, Evelyne Patricia
arts et sciences 1998
FEP 1999, 2003
Montréal, Québec
Canada

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