Journal d'un disparu de Maxime Landry

Publié le par Evelyne Patricia Lokrou

Journal d'un disparu de Maxime Landry est un premier roman réussi. C'est un livre magnifique, surprenant, intelligent; c'est un regard objectif, si l'on peut l'être, sur la mort, sur le suicide et la vie des proches après ce geste tragique. C'est un journal qui résume une année difficile pour une famille, en deuil; c'est un regard extérieur, touchant et généreux, d'un père " mort", sur sa vie, en particulier, celle qu'il ne vit pas avec sa famille à cause d'un geste sans retour; c'est un regard tendre, protecteur et impuissant, tout à la fois, sur sa famille qui tente de vivre, sans lui. Un examen de conscience, une balance qui pèse le pour et le contre, d'une mort voulue, calculée, dérobée à ceux qu'il aime. C'est une histoire triste et racontée avec à la fois un sérieux paternel et un humour bon enfant d'où les leçons importantes de la vie (on pense parfois à un cliché, mais on ne peut faire autrement que de dire qu'ils sont inchangeables et véridiques) ressortent avec plaisir, comme un appel à vivre sa vie jusqu'au bout, mais surtout à la vivre en prenant un recul nécessaire pour apprécier ce que l'on possède : la vie et ceux qui la rendent belle, unique, importante, utile.

C'est un livre qui parle de la vie d'une famille après la mort, par suicide, d'un parent. L'originalité du livre, c'est que le journal est tenu par un père, "mort", "suicidé" : le narrateur n'est autre que le mort; il est spectateur de l'impact de sa mort sur ses proches. (Cela me fait penser un peu à la nouvelle que j'ai écrite, il y un peu longtemps "Amnet".(😁😢).)

Il faut arriver à la fin du livre pour comprendre l'histoire et le journal. Une fin magistrale et bien choisie, pour un livre, une histoire émouvante, touchante.

" Journal d'un disparu" est un petit livre, mais un livre complet qui raconte bien : une vie, des vies liées. Il nous dit qu'il faut réfléchir à deux fois avant de passer à l'acte, mais aussi que chaque être n'est pas à l'abri d'un suicide, car la douleur, la souffrance nous font oublier l'essentiel, parfois. Nous ne connaissons pas l'avenir; la peine d'aujourd'hui peut apporter un bonheur, demain.... 

Le livre suggère qu'on ne croit jamais vraiment être aimé, il faut un évènement tragique ou pénible pour se rendre compte de l'amour qu'on nous porte; pour se rendre compte de l'importance que l'on a pour certains et pour découvrir aussi ses vrais amis (parfois même se sont ceux que l'on ne soupçonnait pas; parfois également on s'aperçoit que l'on juge trop facilement). 

Il faut vivre sa vie et la vivre avec intensité, avec bonheur, malgré les épreuves, les douleurs, les problèmes, les tragédies et prendre soin de ceux que l'on aime, du mieux que l'on peut; il ne faut  pas prendre ceux qui nous entourent pour acquis, car la mort se charge de nous apprendre que nul n'est éternel, que la santé est un cadeau et la vie une chose précieuse parce que fragile: voilà ce que nous dit ce livre.

Nous lisons, pendant qu'il écrit, le récit que fait le facteur Bertrand, de sa mort, de sa vie, et de la vie de sa famille, après sa mort. 

Je ne vous en dis pas plus. Je vous laisse lire " Journal d'un disparu " de Maxime Landry.

Bonne lecture.

(Une de mes critiques sur Babelio. Merci.)

 

Journal d'un disparu de Maxime Landry

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